Expos
[Bâle] Les photos de Wolfgang Tillmans transforment la Fondation Beyeler

[Bâle] Les photos de Wolfgang Tillmans transforment la Fondation Beyeler

13 juin 2017 | PAR Yaël Hirsch

Pour sa grande exposition d’été, la Fondation Beyeler met en avant le photographe allemand Wolfgang Tillmans avec une rétrospective sur deux étages de plus de 200 photos réalisées entre 1989 et 2017. C’est le choix fort d’un art provocateur et dérangeant que fait la Fondation pour le premier photographe à qui elle offre une rétrospective.

Choc à Bâle ! Tapissée de messages sur sa belle façade translucide, l’élégante fondation Beyeler s’est emplie de portraits d’hommes nus pissant sur une chaise, d’homme passé sous la jupe de sa femme ou de vulve en close-up sous l’objectif de Woldgang Tillmans. Les deux cent photos de l’exposition ne sont pas toutes des nus ou sexuelles, loin de là, mais la provocation naturiste de Tillmans tranche avec les choix plus habituels de la Fondation Beyeler pour ses expositions d’été.

Commençant au cœur de la fondation pour trois oeuvres qui concentrent une bonne partie du travail de l’artiste depuis 20 ans, l’exposition s’étend sur une dizaine de salles monumentales où les clichés de toutes tailles de Tillmans fonctionnent plus par écho thématique que par chronologie. Sous des aspects très réalistes, les corps, comme les objets révèlent ou reflètent des détails inattendus (le ciel dans une tasse de café, des poils auscultés sous un bras…) avec toujours chez Tillmans un souci quasi-platonicien de mettre en difficulté la représentation.

Qu’il borde des arbres d’une fenêtre verte ou qu’il tente de suivre certains amis pendant des années par son art du portrait, la réalité est toujours impossible à saisir de manière univoque et définitive. Avec des cartels concentrés en entrée de salles et quasi-délaissés, sans vraiment d’introduction par thème, c’est par intuition visuelle que l’exposition invite à se plonger dans l’art et l’univers de Wolfgang Tillmans : Par les couleurs, les contrastes, les formes des photos et puis au bout des parcours par des dessins et aussi – sur trois écrans dynamiques- son travail vidéo pour un monde de la pub qui l’a fasciné.

L’exposition offre donc un tableau complet qui réussit à être tout sauf clinique sur un art qui pourrait parfois le paraître. Mais, malgré ses qualités et la liberté qu’elle laisse pour l’interprétation, elle ne convaincra pas les détracteurs de Tillmans, qui ne voient que provocation gratuite dans ses certains de ses clichés les plus crus.

A noter : pour fêter ses 20 ans, la Fondation Beyeler entreprend de grands travaux d’élargissement. Elle oeuvre aussi pour les jeunes en poussant la gratuité de son entrée en 2017 jusqu’à 25 ans et en créant un Young Art Club de jeunes amateurs d’art pour Bâle et sa région à partir de 25 CHF par an.

visuels : affiche et photos de l’exposition

Infos pratiques

Basilique Saint-Denis
Le 22
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *