Expos
[Bâle] Le Kunstmuseum fait éclater les couleurs et engagements d’Otto Freundlich

[Bâle] Le Kunstmuseum fait éclater les couleurs et engagements d’Otto Freundlich

13 juin 2017 | PAR Yaël Hirsch

Connu pour avoir fait la « couverture » de l’exposition de l’Art dégénéré et mort à Lublin-Maïdanek, Otto Freundlich a vu une grande partie de son oeuvre détruite. Sous le titre « Le communisme cosmique » d’Otto Freundlich, le Kunstmuseum de Bâle dédie un portrait à cet artiste trop rare et néanmoins majeur de l’expressionnisme et de l’abstraction allemande.
[rating=5]

C’est malheureusement en l’absence de sa fameuse sculpture « L’homme nouveau » (1912) qui a été reprise sur l’affiche de la fameuse exposition nazie sur « l’Art dégénéré » (1937) et qui est actuellement à Hambourg que le Kunstmuseum nous propose d’entrer dans l’oeuvre d’Otto Freundlich.

Mettant où il faut les repères pour comprendre la trajectoire de cet artiste né dans une famille juive convertie et passé par Paris pour rejoindre les rangs des avant-gardes berlinoises de la première moitié du 20e siècle, l’exposition ne nous noie ni dans les divers mouvements artistiques qu’a côtoyé Freundlich, ni dans les mouvements politiques par rapport auxquels il aurait pu se situer. On a néanmoins des pièces historiques importantes devant les yeux, comme le film de la population visitant l’exposition sur l’Art dégénéré.

Le message est simple ; même et surtout dans son art, il a résisté en « communiste cosmique » avec une vision singulière de l’égalité pour tous, à la montée de l’extrême-droite. A travers des sculptures en bronze et le passage de ses sublimes gravures expressionnistes à des peintures fondatrices sur la couleur et l’abstraction, l’exposition propose un parcours aussi condensé que riche. Elle permet de mesurer à quel point l’oeuvre de Freundlich a compté, combien d’autres artistes s’en sont inspirés et comment ce dernier est une figure majeure de la première moitié du 20 e siècle.

Une exposition à ne pas manquer si vous allez à Bâle pour ArtBasel ou dans l’été.
visuels : affiche – photos de l’exposition (YH)

Infos pratiques

[Bâle] Les photos de Wolfgang Tillmans transforment la Fondation Beyeler
Belle fin de saison à Montpellier avec La Nuit d’un neurasthénique et Gianni Schicchi
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *