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Annecy paysages : Un parcours d’art contemporain entre lac et montagne

Annecy paysages : Un parcours d’art contemporain entre lac et montagne

25 août 2021 | PAR Pauline Lisowski

Cet été depuis le 3 juillet, la ville d’Annecy se pare de nouvelles œuvres qui s’inscrivent dans différents quartiers et en relation avec l’environnement. Certaines ont été spécifiquement pensées pour faire écho à la nature et nous inciter à prendre conscience du vivant. « Annecy paysages », événement artistique estival, propose un parcours artistique, une invitation à tisser différentes réflexions sur le terme de paysage, qu’il soit patrimonial ou naturel. Cette édition 2021 rassemble artistes, paysagistes, designers et architectes qui interviennent dans la ville, dans les lieux patrimoniaux et dans les sites naturels ou d’une nature travaillée par l’homme jusqu’à des quartiers en requalification. L’ensemble de la programmation et la sélection des artistes sont orchestrés par le directeur de Bonlieu scène nationale d’Annecy.

Karine Bonneval fut en résidence à l’Arteppes et propose sur le site de l’espace culturel et dans le parc de l’Europe Se planter, Ecouter la terre, deux installations qui nous invitent à entrer en relation avec cet élément vivant et à entendre ce qu’il a à nous dire. Nous nous mettons alors dans des postures d’écoute et d’ancrage au sol afin de devenir plante et de tenter de comprendre de quelle manière se comporte le végétal.

D’années en années, Bob Verschueren a créé pour ce grand parc qui jouxte le lac des installations à partir d’éléments naturels qui nous amènent à percevoir leurs propriétés, des relations et des tensions. Seul bémol, ses œuvres se perdent un peu parmi la végétation et le flux de touristes à la période estivale.

Les cyanotypes de plantes lacustres réalisés par Sophie Weidler-Bauchez et Aurélien Martini ponctuent le centre-ville historique. Les deux artistes, lauréats de la bourse Jeune création 2021, ont pris le temps de se rapprocher de connaisseurs de la biodiversité du lac afin de prélever les végétaux endémiques. Leurs œuvres qu’ils regroupent sous le nom Herbarium, affiches d’un bleu intense, laissant apparaître en blanc la silhouette des plantes, nous les révèlent, tels qu’ils remonteraient à la surface.

Le foyer, composé de troncs de bois de Lélia Demoisy suggère à la fois la maison comme lieu de protection et une forêt entretenue par l’homme. Telle une cabane entre intérieur et extérieur, cette œuvre rappelle nos liens ambigus avec la nature.

Sur l’eau du bassin des Cordeliers, l’œuvre in situ Les Nouveaux Chemins de Pedro Marzorati nous donne à voir deux personnages d’un bleu métallique qui tentent de se diriger vers un ailleurs, incertain, symptomatique du monde dans lequel nous vivons. Dans le prolongement de cette installation, sur l’île Saint Joseph, Faux jumeau, la maison nichoir de Séverine Hubard attire notre regard. En écho à des habitats des architectes avant-gardistes des années 1920, sa sculpture perchée accueille les oiseaux et nous conduit à prêter attention à ces espèces qui y trouvent un refuge.

Jean-Philippe Poirée-Ville, architecte et paysagiste, fait grandir une végétation le long d’une structure de volutes vers le ciel. Condensateur social, dans le square des Martyrs, à proximité de la scène nationale, peut engendrer des liens entre des personnes qui se promèneront et se retrouveront ensemble dans ce lieu de croisement des grandes artères de la ville. 

Des collectifs comme Cultures urbaines et USUS (collectif d’architectes suisses basé à Zurich), ont également conçu des jardins, oasis urbaines de biodiversité, invitant à une pause sensorielle pour apprécier une végétation qui se développe au fil des saisons.

Au fil des années, des structures culturelles de la ville se greffent au festival et s’impliquent dans la programmation. L’association Images passage s’est installée cet été dans un des bâtiments du haras. Elle propose une exposition intitulée « Archipels et entrelacs » réunissant des œuvres vidéo de Benoît Billotte, Julien Creuzet, Philippe Astorg et Pascal Julliard.

Benoît Billotte présente l’installation – exposition « Sous la canopée » au Palais de l’île d’Annecy, dans laquelle il propose l’expérience d’un jardin composé de tissus teints en couleurs végétales présentant des végétaux, des schémas, des coupes de plantes qui ont voyagé.

Cette année, Charlotte Perriand est mise à l’honneur avec une exposition photographique au CAUE. Refuge Tonneau créé par l’architecte et Pierre Jeanneret, également architecte, reconstitué en 2010 par ACTE [1] et le CAUE de Haute-Savoie crée un lien avec le parcours photographique qui rend compte de son attachement à la montagne.

A l’extérieur du centre-ville, les plus curieux peuvent découvrir une construction du collectif bordelais Bruits du frigo, intitulée la Friche des rails. Ces mobiliers et espaces de vie invitent à des moments conviviaux en attente d’une requalification d’un quartier.

Des œuvres pérennes, telles que celle de Sylvie De Meurville, Didzis Jaunzems, Will Beckers, d’autres à redécouvrir comme celles d’Elise MorinFlorent Albinet, Luce Moreau, Emmanuel Louisgrand, complètent ce parcours artistique à la découverte du paysage urbain, entre lac et montagne.

Ainsi, 27 œuvres au total proposent différentes expériences esthétiques et peuvent toucher différents publics, aussi bien spécialistes en art contemporain que de passage durant l’été. L’art contemporain irrigue la ville tout en nous amenant à la parcourir à la rencontre de lieux moins fréquentés et d’autres appréciés d’une foule de touristes estivaux. D’année en année, l’ensemble des œuvres devient plus important, chacune étant assez proche les unes des autres. Certaines proposent des étapes dans des places un peu prisées, d’autres marquent des parcs ou des lieux de rendez-vous habituels, devenant de nouveaux repères pour se donner rendez-vous.

[1] Art Contemporain Thônes et Vallée de Thônes exposition

Annecy paysages, du 3 juillet au 26 septembre

Crédit photo : Marc Domage

 

 

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