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[Aix-en-Provence] Les caprices d’Antonio (Canaletto)

[Aix-en-Provence] Les caprices d’Antonio (Canaletto)

03 juillet 2015 | PAR Jérôme Avenas

L’Hôtel de Caumont, nouveau « Centre d’Art » à Aix-en-provence propose du 6 mai au 13 septembre 2015 une exposition consacrée à Antonio Canal, peintre vénitien du XVIIIè siècle : « Canaletto – Rome, Londres, Venise. ». Le lieu au projet ambitieux est séduisant, l’exposition passionnante.

L’Hôtel de Caumont, à Aix-en-Provence a ouvert ses portes le 6 mai dernier avec sa première exposition consacrée à Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto (1697-1768). Acquis en 2010 par Culturespaces, l’hôtel particulier de Pauline de Caumont (1767-1850), qui lui a donné son nom, a retrouvé ses couleurs d’origine grâce à un vaste programme de restaurations. Dix-huit mois de travaux ont été nécessaires pour mettre au jour la structure initiale du bâtiment qui fut le Conservatoire de la Ville de 1964 à 2010. Le résultat est plus que satisfaisant. Le Centre d’Art, proposera deux expositions par an. L’été, une exposition monographique « dédiée à un grand maître de l’histoire de l’Art du XVIè au XIXè siècle », l’hiver une exposition consacrée « à une grande collection privée ou à des œuvres provenant de musées internationaux » (Les collections du Prince de Liechtenstein pour l’hiver 2015). Aux expositions et visites du salon de musique et chambre de Pauline, s’ajoutent une programmation musicale, des conférences et un film de 30 minutes sur Cézanne.

L’été, à Aix-en-Provence, tout parle de musique. Ça tombe bien, Canaletto commence sa carrière dans l’atelier de son père, Bernardo, peintre de décors d’opéra. S’il ne demeure aucune trace de ces travaux, leur description dans sept livrets d’opéra judicieusement exposés donnent une idée du métier de décorateur de théâtre à l’époque des premières « toiles peintes ». On suit alors la trajectoire du peintre vénitien qui passe « de façon naturelle des décors de théâtre et des caprices archéologiques aux vedute (vues) vénitiennes » grâce à l’efficace commissariat de LA spécialiste de la veduta au XVIIIè siècle : la polonaise Bozena Anna Kowalczyk. De Rome à Venise, en passant par Londres (le banquier anglais Joseph Smith est son principal mécène), Canaletto travaille la lumière avec la camera obscura. Un modèle gravé « A Canal » est exposé (Venise, XVIIIème siècle), ainsi qu’un prototype permettant aux visiteurs de faire l’expérience de la technique.

Ce sont les vues de Londres qui marquent. On retrouve la lumière de cette ville du nord de l’Europe, saisie par un œil latin, avec une douceur et une subtilité qui émeuvent. Maniant avec dextérité la précision du topographe et la fantaisie, Canaletto excelle dans le caprice, synthèse entre lieu réel et imaginaire.

Il est toujours temps, après la visite de l’exposition, de s’asseoir un moment dans le jardin. Sinon pour boire un verre au « Lounge Caumont » (notamment sa terrasse sur jardin) ouvert à tous du mardi au samedi, le « Café » est à éviter.

Visuel : Affiche de l’exposition ©Centre d’Art Caumont – Photo ©Christian MICHEL

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Jérôme Avenas

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