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A triple tour, une exposition bien pensée pour 50 œuvres de la collection Pinault

A triple tour, une exposition bien pensée pour 50 œuvres de la collection Pinault

01 novembre 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

Comme nous vous l’annoncions cet été, 50 œuvres de la collection Pinault judicieusement choisies sur le thème de l’enfermement ont élu domicile jusqu’au 6 janvier prochain à la conciergerie. Un parcours d’art résolument contemporain et qui résonne avec ce superbe lieu. 

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Sous les voûtes majestueuses et oppressantes de la Conciergerie, l’exposition « A triple tour » s’ouvre sur une oeuvre qui reflète le spectateur derrière des barreaux :  La Gabbia de Michelangelo Pistoletto. Montrant dans une première aile l’enfermement extérieur, le parcours commence par deux vidéos : une véritable symphonie d’images pour Tchernoobyl de Diana Thater, et, plus classique, les visages rendus muets du Wall of Whispers, toujours impressionnant du vidéaste Bill Viola. Le choc des culture (Raphaëlle Ricôl), la guerre (Ahmed Alsoudani, Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla, Mona Hatoum et son » Bunker) ou encore les systèmes totalitaires (Boris Mikhaïlkov) sont autant de menaces extérieures et objectives à nos libertés.

Mais les pires camisoles sont celles que l’on s’impose de l’intérieur qu’il s’agisse d’autosurveillance ou de biopouvoir. Au premier rang des limites de notre liberté,  il y a le temps et la vieillesse, parfaitement incarnés par les personnages presque vivants de Old person homes de Sun Yuan et Peng Yu, la maladie est représentée par l’une des grandes vitrines à médicaments de Damian Hirst, la solitude par une habile installation montrant par plusieurs angles un homme nu dans une chambre d’hôtel (Kristian Burford) et l’angoisse est présente chez plusieurs artistes néo-expressionnistes qu’affectionne Monsieur Pinault (Llyn Foulkes, Justin matherly, Alina Szapocnikow).

Heureusement, ce « Triple tour » aussi beau que sombre se termine par un brin d’humour que « touche » au plus juste dans les cibles des deux artistes belges Jos de Gruyter & Harald Thys.

Au final, cette proposition d’exposition est une jolie balade bien pensée dans nos pires peurs de perdre la liberté de se mouvoir, de penser et de construire et qui externalise bien des démons dans un espace aussi majestueux que confiné. A voir!

visuels : 1 / Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla : Intermission, Halloween Iraq IV. 2/ Damian Hirst,: The fragile Truth et 3/ Raphaêlle Ricôl :  Malgré la différence (c) Yaël Hirsch

 

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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