Arts
Expo : Paris sur Seine – des Anciens Quais à Paris Plages du 6 juillet au 17 septembre 2011

Expo : Paris sur Seine – des Anciens Quais à Paris Plages du 6 juillet au 17 septembre 2011

05 juillet 2011 | PAR Moriane Morellec

A l’occasion des 10 ans de Paris Plages, l’Hôtel de Ville organise une exposition de photos et gravures retraçant la vie des berges parisiennes du 17ème siècle à nos jours à partir du mercredi 6 juillet et jusqu’au 17 septembre.

« La Seine est centrale et nécessaire à Paris, ainsi qu’un haut-lieu Parisien » explique Isabelle Backouche, commissaire de Des Anciens Quais à Paris Plages, exposition explorant la Seine depuis le 17ème siècle jusqu’à nos jours, parcourant les diverses fonctions que le fleuve a endossées et le statut qu’il tient dans le cœur des Parisiens aujourd’hui. Tour à tour un support pour le commerce et les déplacements, une source pour les bains, les lavages et la cuisine, un centre de détente et de loisirs, la Seine est absolument centrale à la vie de la capitale française.

La Seine, lieu de vie

La Seine est tout d’abord un centre de commerce étroitement supervisé par le Prévost des Marchands. Les bateaux se groupent à quai par type de biens (papier, charbon, foin…) pour faciliter l’accès à l’approvisionnement et aux commerçants. Les nombreux ponts qui parsèment la Seine sont aussi des lieux d’échanges et chaque pont a sa spécialité : le pont de Notre-Dame gère les tissus et sur le Pont St Michel s’effectue le commerce d’épées. Anecdote amusante, le Pont-Neuf, malgré son nom, est le plus ancien pont Parisien. Autres activités porteuses d’économie sont les fêtes organisées par la monarchie célébrant les naissances, les mariages ou encore les victoires militaires à travers de gigantesques feux d’artifices toujours tirés au-dessus des berges – côté pratique oblige, c’est le seul endroit qui ne comporte pas d’habitations directes dans un Paris encore très Haussmannien.

L’eau de la Seine occupe une place fondamentale au sein des maisonnées puisqu’elle fournit la matière première (et primaire) pour les tâches ménagères des blanchisseurs et lessiveurs, les porteurs d’eau « à bretelles » ou « à tonneaux » ainsi que l’eau pour le bain et la consommation. Suite à l’érosion du pouvoir municipal, la Seine est rendue aux Parisiens sous forme de loisirs où la baignade – toujours habillée – est tolérée pour la détente. Des « bateaux de bain » se créent pour pouvoir se laver avec de l’eau filtrée, et des projets de thermes et de lieux pour apprendre à nager sont proposés dans un grand souci d’égalité des classes. A l’époque, le concept de loisirs se développe et des joutes nautiques se tiennent sur la Seine. Avec la profusion d’activités liées à la Seine, le réseau des canaux et le trafic du fleuve change d’échelle avec la création du Canal St Martin, du Canal de l’Ourcq ou le Canal St Denis. Des plans sérieux de relier Paris à l’Atlantique se font à la même époque.

Joutes Nautiques le 6 avril 1953 (c) Roger Viollet

La Seine, centre de détente

Vers le 19ème Siècle, les Expositions Universelles ramènent la haute-société sur les quais de la capitale française; les divertissements en bord de Champ de Mars, les attractions liées à l’électricité, les bateaux-mouche attirent la foule en bords à la Seine. Les exploits sportifs se multiplient – traversée de Paris à la nage, compétitions des meilleurs plongeurs, funambulisme au dessus du fleuve – et chacun se retrouve pour un moment de détente et/ou de rencontres. Les loisirs prennent alors la Seine d’assaut, surtout au moment de l’été. Les Bains de la Samaritaine se créent – d’après les grands magasins du même nom – offrant des soins du corps. Ensuite les piscines Deligny sont construites, devenant le rendez-vous des nageurs les plus aisés et les plus élégants, un lieu à la mode où il faut se montrer et être vu.

L’exposition Paris sur Seine – des Anciens Quais à Paris Plages explore la Seine dans son entité: fonds de commerce, source d’eau et de rafraîchissement,base des loisirs nautiques à Paris ainsi qu’un point de rencontre. Accompagnée d’un enquête publique sur « Les Berges de Seine de Demain », elle pose ainsi la problématique de rendre la Seine et les quais aux piétons, modifiant ainsi la dynamique des berges – monopolisées par les véhicules – dans un souci d’harmonie entre la ville et son fleuve.

Visuel en une et affiche : (c) « Concert Improvisé sur les Quais de la Scène 1963», Rue des Archives/AGIP

 

Bruxelles accueille le second musée des lettres et des manuscrits et ouvre sur Simenon
Massimo Furlan à la recherche de la mère lors du Week-end international à la Cité
Moriane Morellec

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *