Arts
Dynamo inonde de lumière et de mouvement le Grand Palais

Dynamo inonde de lumière et de mouvement le Grand Palais

09 avril 2013 | PAR Bérénice Clerc


Le Grand Palais ouvre le 10 avril 2013 une superbe exposition où sur 4000 m2 la beauté de la lumière inonde l’espace et rend le mouvement pur, la vision multiple et le spectateur acteur.

Avant même d’entrer dans le musée, le visiteur et les badauds sont happés par une fontaine de brume de Fujiko Nakayale. Le mystère commence, comme au pays des contes, le voyage troublant des sens met le corps en éveil. Une fois les portes du Grand Palais franchies, le visiteur plonge dans une œuvre fascinante d’Anish Kapoor où l’illusion d’optique, le mouvement, les sensations deviennent troublantes, saisissantes presque jusqu’à la peur.

Du début à la fin de l’exposition, le parcours est superbement orchestré, les couleurs, les néons flashent, la lumière tisse l’espace de silence comme un apaisement où seuls les yeux et leur reflet sur le corps agissent malgré nous, avec l’envie ou de s’approcher, de recommencer, de se démultiplier dans le miroir, ou de sentir la chaleur des néons captivants.

Glaces, installations, foulard en apesanteur, brouillard poétique, gamme chromatique, l’espace se transforme, l’œil est en fête, les artistes, leurs installations, leurs créations rendent le visiteur créateur comme dans un rêve où l’illusion est réalité.

Tout est contrôlé, tout nous échappe, l’abstraction se fait concrète, la lumière vibre dans l’espace, la nuit se fait rouge, l’immersion est totale, l’immatériel se touche du regard, instable, distordu, vide, l’invisible prend chair.

Deux parties principales : vision et espace, seize sections, 143 artistes contemporains et plus anciens, 205 œuvres. Chaque nouvel espace est une apparition, un plongeon dans l’abîme, un tournoiement cinétique, une explosion sensorielle et chromatique.

Seul petit bémol ou frustration, l’impossibilité de toucher les « petites » œuvres tactiles alors qu’un écran nous montre comme cela est possible et très attirant ! Des copies auraient peut-être permis à tous d’expérimenter le touché et l’action directe sur l’œuvre comme avec certaines grandes salles qu’il est extrêmement agréable de traverser.

L’œil est un point de départ pour les artistes, la multitude d’œuvres donne à voir et à vivre l’art tel qu’il devrait toujours être, lumineux et en mouvement perpétuel, ré-interprétable ad libitum.

Un poème de Goethe sorti de la brume, Le Paradis et la Péri de Schumann, Rimbaud, Baudelaire, une voix au loin… L’esprit peut s’évader, la lumière fait apparaître une musique intérieure ou un silence éclairé. Cette exposition est l’entrée idéale au pays de l’art contemporain, les enfants de moins de 16 ans peuvent y venir gratuitement et vivre avec famille et amis une exposition où le sensationnel n’est pas la première recherche mais où la sensation est offerte à tous par les artistes.

Une belle traversée, cent ans de lumière et de mouvement dans l’art. Calder, Yayoï Kusama, le fabuleux James Turell, Richter et tant d’autres servent les yeux à merveille.

Acteurs de l’exposition, les visiteurs peuvent télécharger gratuitement une application, prendre des photos, commenter et partager leur vision de la visite. Des ateliers et conférences sont organisés autour de l’exposition.

Dynamo est à vivre d’urgence, il faut prendre le temps de savourer chaque œuvre jusqu’au 22 juillet 2013.

Infos pratiques

Manufacture des Abbesses
Théâtre de l’Atalante
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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