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Palais de Tokyo, l’Entre-Ouverture, the place to be

Palais de Tokyo, l’Entre-Ouverture, the place to be

13 avril 2012 | PAR Bérénice Clerc

 

Le Palais de Tokyo, « s’entreouvre » après un an les 12 et  13 avril avec des performances artistiques non-stop avant la fin des travaux et l’ouverture grande et définitive du 20 avril pour la Triennale.

Vingt-deux mille mètres carrés dédiés à l’Art Contemporain à  Paris, sous les yeux complices de la Tour Eiffel. L’histoire chaotique et très chargée de ce lieu doit laisser place aux visions de Jean de Loisy son nouveau président désireux d’en faire un lieu de voyage pour les artistes, les visiteurs et les responsables de l’art en Europe. Si son but est atteint, Paris a une place mondiale à prendre sur la scène de l’art contemporain.

La naissance du nouveau Palais de Tokyo est célébrée par 30 heures de concerts, performances, conférences, spectacles, une sorte de « flash avant », prémices accélérés de la vie et des énergies futures dans ses murs. Des œuvres créées in situ pour l’occasion sont, elles, amenées à rester en place pour un an minimum.

Jeudi 12 avril, début de soirée, le Palais de Tokyo se transforme en « The place to be ». Invités de marques, collectionneurs, journalistes, financiers, amoureux de l’art, artistes, branchés parmi les branchés, femmes aux talons aiguilles aussi fin qu’un lifting visible, cheveux roses, sourcils verts, ministres, Orlan, jupe mi courte mi longue, chaussures bleues fluo,  anciens ministres, franges seulement d’un coté, conseiller à la culture, pyjamas ultra smart, Cornette de Saint Cyr, cravate en diamants, poncho en laine de Yak, jacquard, chaussettes hautes, moustache du début d’un siècle, lunettes sans verres, se mélangent à merveille pour ce baptême avant la naissance. Le Palais de Tokyo entreouvre son espace immense et encore très flou, rien ne semble vraiment défini, les visiteurs peinent à trouver les oeuvres malgré quelques médiateurs culturels postés non loin des hommes du service d’ordre.

Hall Wilson, en non stop, Lucas Abela propose un sympathique circuit de voitures radioguidées, équipé d’une caméra, composé de plus de 6000 disques vinyles. Le visiteur se transforme en un pilote musicien interactif.

Peter Buggenhout, livre une immense sculpture The Blind leading the Blind (L’aveugle guidant l’aveugle) suspendue au-dessus de l’escalier. Christian Marclay, fait vivre les fenêtres du restaurant proche de l’entrée et les couvre d’onomatopées de bandes dessinées. Salle 37 Alain Kremsky fait voyager les notes de son piano.

Cécile Beau dépose un arbre poétique, immatériel, dont les racines sont hors de terre et les branches racines elles aussi, dans les airs comme une énigme à résoudre ou à laisser en suspens pour le visiteur.

S’il ne devait rester qu’une œuvre il s’agirait de la somptueuse Grotte Stellaire de Julien Salaud, coup de cœur artistique confirmé, après son apparition au sein Des maîtres du désordre, exposition dont Jean de Loisy est commissaire au Quai Branly.

Inspiré par l’ethno-astronome Chantal Jègues-Wolkiewiez (pour qui les troupeaux peints sur certains murs de la grotte de Lascaux reprendraient les dispositions d’étoiles dans le ciel), Julien Salaud présente une interprétation de la grotte et de ses peintures présumées astronomiques. Il orne les murs et les plafonds de la salle Alice Guy et la transforme en Grotte Stellaire,  constellations d’animaux nés de fils blanc reliés entre eux à des clous reliés.

Il réveille les possibles rituels du paléolithique liés au culte des astres et raconte, dans ce cinéma nécessairement consacré à l’apparition des images, une fable sur la naissance de celles-ci dans nos consciences.

La minutie d’un entomologiste, la liberté d’un artiste, Julien Salaud bouleverse le rapport à la nature. Puissance d’une impalpable apparition, vision lumineuse, créatrice de pensées, de voyages, d’émotions et de bouleversements internes.

Des voix chantent au loin, un homme danse, des couleurs, une fresque, des corps peints dansent nus, des cris, des images, des tableaux, des vidéos, des performances, du désir, des visiteurs exaltés sont gages d’une naissance prochaine et vivifiante pour ce lieu où les artistes doivent prendre leur place et l’art contemporain triompher.

 

Visuels : (c) Palais de Tokyo.

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Le nouveau clip de Laurent Garnier « Jacques in the box »
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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