Design

Dans le mouvement Paris-Est des D’Days

Dans le mouvement Paris-Est des D’Days

21 mai 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les D’days battent leur plein, et après une ouverture remarquée au Palais de Tokyo c’est au tour de l’est parisien d’être à l’honneur pour un programme monstre de 39 lieux. Focus sur quelques spots immanquables dans le XIe.

Cette année, le thème c’est le mouvement. Et les ex Designer’s days ont le don de trouver des angles passionnants. On se souvient d’Identité(s) par exemple. Ici, la question posée est la mobilité du design. Il faut dire que les lieux visités se sont prêtés au jeu avec beaucoup d’ingéniosité.

74-76: Le lieu du Design : le mouvement dans la ville

Au très beau Lieu du Design, le mouvement est double. C’est celui du Tramway présent dans 26 villes en France et c’est celui que ce mode de transport impacte à la fois sur les habitants et sur le mobilier urbain. A Montpellier par exemple, la fréquentation du réseau de transport urbain a augmenté de 133% en 13 ans. Les maquettes nous emmènent dans le très perturbant tramway de Dubai qui voit les wagons être classés par genres : hommes d’un côté, femmes et enfants de l’autre. Il est indéniable de voir ce « vieux » mode de transport, vidéo d’archives à l’appui, revenir en transformant la ville. La cohérence doit être de mise, l’occasion pour les métiers du design d’être en première ligne. En revanche, l’autre partie du Lieu invite La redoute, avec son idée du « design pour tous ». Où est le mouvement ? Peut-être dans l’idée que ce mobilier signé par Pool, Christian Mohaded, Antoine Phelouzat , Mark Braun, Dan Yeffet, La ville rayée et Laurent Corio, est à commander par correspondance. Ou bien, est-ce que parce que le « meuble » par définition un « Objet mobile » ?

75- Les ateliers de Paris, la lenteur du beau

Aux Ateliers de Paris, quatorze designers en résidence exposent dans des niches. Le vêtement s’inspire du vitrail qui voit la lumière le transpercer différemment au fil de la journée (Constance Boutet), la bataille se fige sur un élégant paravent ( Nanük-Anima). La philo s’invite et Anaïs Gauthier convoque le pendule de Foucaut en proposant un guéridon suspendu.

108- L’Ecole de Condé, le mouvement dans le geste

L’école a invité ses étudiants et diplômés à “sortir du cadre”. Ici, robes expérimentales ( Eloïse Grouard, Kathleen Lin) , carafes qui laissent votre empreinte sur son corps (Mélody Camburzano), horloge qui se scinde ( Elise Blöchinger, Amandine Eyssartier, Mattéo Lucuru et Maryline Rodrigues) divan qui annonce une fausse bonne nouvelle (Loïc Bahougne) … La poésie est dans chaque objet présenté avec une attention évidente portée au beau. Même la minerve (Laura Guillou) se fait élégante et le collier ne fait plus le tour de la question et vient seulement se nicher dans la clavicule (Faustine Ancenay)

109- Dans l’urgence créative de l’ENSCI

L’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle propose le résultat de 48h délirantes.

Le pitch de ce projet nommé Lounge Share : « Plusieurs équipes de 3 personnes
Un designer, un ingénieur et un bricoleur plus ou moins aguerri
Ont moins de 48h
Pour fabriquer des objets fonctionnels et aboutis
En mêlant upcycling et prototypage rapide »
Non, ce n’est pas le projet de la prochaine télé réalité de W9, mais la mise en application d’une idée simple : il ne faut ni beaucoup de temps ni beaucoup d’argent pour créer un objet fonctionnel et beau. Cette fois-ci, les trios ont eu à plancher sur « le travail ». Le résultat est étonnant puisqu’en résonance à ce thème, les objets présentés ressemblent tous à des zones de détente. Canapés, divans, tables basses… Le travail se fait mobile. Les matériaux sont issus de la récup. Un ancien support d’exposition, un ex-projecteur, de la bobine de film. Les idées sont démentes et le résultat est magnifique.

 

Visuel : ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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