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« Collector » : le CNAP s’expose au Tripostal de Lille

« Collector » : le CNAP s’expose au Tripostal de Lille

05 octobre 2011 | PAR Laurene Saby

Le CNAP (Centre national des arts plastiques) fait escale au Tripostal de Lille afin de faire découvrir au public près de 200 œuvres, échantillon réduit de sa collection pharaonesque comprenant 90 000 productions d’artistes. Une exposition emballante, drôle et questionnante, à l’image de l’art contemporain si vivant d’aujourd’hui.

« Collector »: un titre d’exposition qui résonne comme une invitation, à découvrir une collection, éclectique et rare, donc forcément attrayante pour les yeux et l’âme. Les salles se suivent et ne se ressemblent pas, nous emmenant à la rencontre d’œuvres d’art rassemblées au Tripostal afin de se faire écho, pour mieux illustrer et rendre hommage aux travaux des artistes contemporains. La première salle du Tripostal nous dévoile une originale histoire de la sculpture en montrant comment les maîtres d’aujourd’hui regardent les maîtres du passé.

La seconde salle de l’exposition nous entraîne par la peinture et le design dans la démultiplication de l’œuvre en faisant la part belle à la référence dans l’art, à la réappropriation et à l’éternel retour sur le passé.  Comme un hommage des artistes présents aux grands absents des siècles passé. La Joconde dans cette salle se décline comme un Leitmotiv, à travers des photos de Robert Doisneau, un étrange œil de cyclope de Roman Cieslewicz et une magnifique robe de Jean-Charles de Castelbajac.

La salle suivante met l’accent sur l’objet dans l’art. La société de consommation est évidemment ici évoquée, avec ses excès et ses richesses. Francis Baudevin, un jeune peintre suisse, expose ici des tableaux représentant le design de boîte de médicaments auxquelles il a ôté le texte. Le kitsch est aussi ici à l’honneur avec les célèbres nains de jardin de Starck et une banquette faite d’accumulation de peluches, créée par les frères Campana.

La visite se poursuit ensuite par l’utilisation de l’art en politique, ou comment l’art peut servir de critique au système des valeurs occidentales. L’autruche de Maurizio Cattelan semble signifier qu’il vaut mieux avoir la tête dans le sable dans cette société finalement. L’installation de Mounir Fatmi « I like America » représente le drapeau américain ornant des barres de sauts d’obstacles, comme si l’artiste montrait en quoi le traumatisme du 11 septembre restait encore infranchissable.

Puis, c’est la position de l’artiste face à l’histoire qui s’expose. Kader Attia avec « Skylines » une collection de réfrigérateurs recouverts de mosaïques brillantes comme des boules à facettes, fait référence aux mégalopoles fantasmées, mais aussi à leurs aspects grisants et déstabilisants de froideur et d’ordre architectural.

 

Enfin, le dernier étage de l’exposition, intitulé « Life is a killer » en écho au tableau de John Giorno, se recentre sur notre humanité, en réaction aux signes. Le parcours se termine par l’idée qu’il faut corrompre l’absolu, comme l’illustre si bien Peter Friedl. Comme un voyage initiatique, cette exposition nous confronte à notre propre rôle d’être humain, ou comment l’art permet la compréhension de notre monde. Une exposition à vivre et à ressentir.

(c) visuel : Lille3000

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Laurene Saby

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Commentaire(s)

  • Des affiches de Roman Cieslewicz et plus de 450 affiches polonaises sur mon site lesaffiches.com

    octobre 5, 2011 at 22 h 25 min

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