Arts

Décès du célèbre photographe Gabriele Basilico

14 février 2013 | PAR Marie Pichereau

Le photographe et documentaire italien connu pour ses nombreuses captures des paysages urbains, nous a quitté mercredi 13 février, des suites d’un cancer des poumons.

L’artiste débutera sa carrière par une formation d’architecte pour ensuite dériver petit à petit vers la photographie. Un lien étroit s’établira entre ses photographies et l’architecture, puisqu’elles illustreront en grande partie les structures urbaines. Il deviendra photographe « d’architecture » pour une édition spécialisée « L’Industrie » et finira par se faire connaître du grand public après sa collaboration avec le gouvernement français pour le projet de la Délégation à l’aménagement du territoire régional en 1985. Il avait pour mission de photographier l’ensemble du territoire régional et social de la France des années 1980. Il fera partie des premiers photographes à avoir participé à ce projet d’envergure. En écorçant habillement les milieux urbains, il a su concilier à merveille l’aspect artistique et l’analyse des transformations urbaines de la France. En 1990, un livre sera publié sur l’ensemble des ses prises « Bord de Mer », qui regroupe une série de 55 photographies en noir et blanc prises par l’artiste en Normandie. Ces clichés de bords de mer et de stations balnéaires, ont fait le tour du monde et ont permis à Basilico d’acquérir une visibilité internationale dans son travail.

C’est grâce à ce premier projet qu’il affinera son choix de « style » en tant que photographe. Il va relancer la photographie dite de « paysage » avec des captures frontales en noir et blanc très « picturesques ». Il va montrer le lien entre les maisons de villégiature traditionnelle situées sur les bords de mers et les infrastructures en partie touristiques, qui ont poussé sur les côtés dès le début des années 60. Tout en prêtant attention au paysage et à ses contraintes, il fait cohabiter, l’ancien et le neuf, l’humain et la nature. Les différentes images tissent au fur et à mesures une sorte de documentaire photographique des bords de mers.

 

Gabriele Basilico, Bernard Latarjet, Bord de mer, Le Point du jour

Durant une grande partie de sa carrière, Basilico va s’intéresser à l’organisation spatiale locale de nombreuses villes du monde. Avec l’aide d’historiens et d’urbanistes, il va décortiquer les infrastructures urbaines et les mettre en lumières dans ses travaux. On lui doit notamment les tableaux de grandes mégalopoles modernes comme Beyrouth et ses ruines en 1991, la ville atypique de Moscou ou encore San Francisco structurée par ses multiples axes routiers. Une exposition lui rendra d’ailleurs hommage en 2008 au San Francisco Museum of Modern Art.

Pour Gabriele Basilico, c’est la mondialisation, le manque d’idées collectives et l’anarchie urbaine qui font défaut à ces grandes villes : «Les architectes et les décideurs sont incapables de gérer le développement urbain. De ville en ville, je constate l’ampleur du désastre. Les œuvres des grands architectes, bonnes ou mauvaises, sont le résultat d’une défaite, celle de faire de la ville une utopie de vie collective. Elles sont la preuve que personne ne pense l’urbanisme dans son ensemble. On perd le sens de l’histoire commune.». Source le Monde.

Récemment, le photographe milanais était passé à la couleur et avait immortalisé Rio de Janeiro. Il avait également collaboré en 2011 aux Presses du Réel avec Dan Graham qui avait donné suite à un ouvrage intitulé Unidentified Modern City.

 

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Marie Pichereau

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