Arts

Décès de David Armstrong, grand photographe de la marge

Décès de David Armstrong, grand photographe de la marge

29 octobre 2014 | PAR Megane Mahieu

Le grand photographe américain David Armstrong est décédé ce week-end, à l’âge de 60 ans, des suites d’un cancer. Il laisse derrière lui une oeuvre dense, à l’homo-érotisme évocateur, célébrant avec douceur la marge.

Chez David Armstrong les hommes sont beaux, regardés avec beaucoup d’amour. C’est ce qui frappe à mesure que l’on fait défiler ses clichés. Corps sculpturaux à demi-nus, cigarette à la lèvre, cheveux roses délavés, dans une baignoire ou sur un lit,  David Armstrong sculpte ses jeunes modèles avec douceur, tentant de saisir l’aura de chacun comme un homme essayerait d’attraper délicatement un oiseau virevoltant. David Armstrong s’est notamment illustré dans la photographie de presse et surtout la mode. Pour Vogue, Purple ou Wonderland, David Armstrong réalise de très belles commandes jusqu’à la fin.

Les hommes, mais aussi les femmes. Parmi elles, on en retient une : autre artiste majeure de la scène marginale new-yorkaise. Nan Goldin fut la grande amie, quasi jumelle de David Armstrong. Evoquant cette fusion amicale, ils publient ensemble en 1994 un ouvrage qui s’intitule A Double Life et, malgré des hauts et des bas resteront très proches. Ils se sont connus à 14 ans dans le Massachussets d’où est originaire Armstrong, ont étudié à la School of the Museum of Fine Arts de Boston où ils rencontrent d’autres grands artistes en devenir : Mark Morrisroe, Jack Pierson et Philip-Lorca diCorciaIl. Ils formeront les « Cinq de Boston », courant artistique photographique où se partage une esthétique de la marge et de l’intime, et une réelle fusion avec l’oeuvre car le monde qu’ils photographient est le leur, fait de drogues, de sexe, de déviances et d’affects puissants. Autoportraits conventionnels, ou portraits de soi à travers son environnement, David Armstrong photographie aussi les paysages urbains dans les années 90, des clichés flous où les néons et les voitures contraste avec le  »clean » de ses portraits.

David Armstrong n’a jamais cessé d’expérimenter, de sculpter les formes et les corps, de mettre l’émotion et une forme de pudeur au cœur de son travail. Malgré la diversité de ses modèles, délinquants ou éphèbes de podium, le photographe a toujours voulu saisir l’impalpable : le beau.

Visuel : ©Purple Diary / ©captures d’écran, Boyd Holdbrook / Clémence Poesy pour Teen Vogue

Nikon Film Festival : un court-métrage sur le viol en compétition
Jean Dujardin devient monsieur « What Else ? »
Megane Mahieu

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *