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De l’Afrique au Japon avec Smaïl Kanouté à la MEP

De l’Afrique au Japon avec Smaïl Kanouté à la MEP

20 novembre 2020 | PAR Lalouchi Naoual

Confinement oblige, la MEP se réinvente et propose une déclinaison de sa programmation en ligne. Une programmation 100% digitale à suivre sur Instagram, Facebook, Twitter et la page de La MEP. Ce jeudi 19 novembre à 18h30 la MEP nous proposait un live avec l’artiste Smaïl Kanouté et la commissaire de son exposition, Clothilde Morette.

Ce chorégraphe, graphiste et danseur devait inaugurer son exposition « Yasuke Kurosan , le samouraï noir au Japon » dans le Studio de la MEP le 11 novembre. Dû à la situation sanitaire actuelle cette dernière n’a pas pu avoir lieu. La déclinaison de cette exposition en avant première en ligne permet tout de même une jolie vue globale de l’oeuvre de l’artiste. Ludique et informative cette rencontre avec l’artiste est une belle occasion de découvrir son exposition. On en apprend plus sur Smaïl Kanouté, son parcours, ses sources d’inspiration, son rapport à l’art et surtout la forme de son spectacle. Et pour couronner le tout il répond à nos questions en direct !

Portrait

Smaïl Kanouté c’est un « chorégraphiste » comme il aime le dire. Ce chorégraphe est danseur mais également graphiste. Il aborde le travail autour de la danse et du graphisme de la même manière. Diplômé en graphisme, il considère la danse comme « une association de mouvements qui crée un tableau graphique ». Les arts visuels et la danse sur scène sont donc des expériences semblables pour l’artiste, à une exception : le temps. Le temps sur scène permet d’approfondir des choses auxquelles nous n’avons pas accès en vidéo. Après cette jolie introduction de l’artiste, Clothilde Morette nous conduit rapidement à l’exposition.

« Yasuke Kurosan , le samouraï noir au Japon »

Cette exposition c’est un beau mariage de deux cultures. Un esclave du Mozambique, devenu premier samouraï noir au Japon : c’est l’histoire de Yasuke Kurosan. À la frontière entre fiction et documentaire on embarque dans un voyage entre l’Afrique et le Japon.

Qui est Yasuke Kurosan ?

Grand fan de mangas Smaïl Kanouté découvre un jour cette légende en lisant. Il commence alors à se documenter afin de découvrir si ce samouraï existait réellement. Lorsqu’il réalise que Yasuke Kurosan a réellement existait, il décide de s’emparer de son histoire afin de créer une identité. « C’est le premier et unique samouraï étranger au monde ! En étant esclave Mozambique il a été amené au Japon par des jésuites puis il est devenu samouraï. Il s’est créé une identité dans un pays qu’il ne connaissait pas.» C’est cette création de l’identité et la rencontre des différentes cultures qui sont au coeur de son exposition.

L’artiste s’envole pour le Japon en 2019 et part à la quête d’un mariage entre la culture Japonaise et Africaine. « Je me suis senti connecté au Japon alors que pour moi c’est un pays qui est unique et une culture différente. Mais avec leur culture du textile qui est la même en Afrique, la culture Africaine et Japonaise sont finalement proches. C’est pour cela que j’ai voulu rencontrer des artistes Afro-Japonnais. » nous confie-t-il. Lors de son exposition on y découvrira une vidéo d’environ 14 minutes avec une forme particulière. Une belle rencontre de deux cultures qui semblent être opposées.

Une video en trois temps

C’est une vidéo construite en trois temps, de la danse, des rencontres, deux cultures qui se marie. Une quête du passé à partir du présent et en voyant le futur. Des artistes Afro-Japonnais rencontrés une fois, une danse, une seule prise, une connexion. Ce combo a permis à Smaïl Kanouté de travailler avec les trois temps : le passé, le présent et le futur.

Comment faire rencontrer deux cultures qui semblent opposées ?

« L’homme est apparu à un endroit dans le monde puis s’est déplacé et a créer différentes cultures. On peux toujours créer des liens entre différentes cultures car on est tous humains. »

Après cette rencontre et ce moment de partage avec le chorégraphe aux multiples facettes on se languit de voir cette exposition au studio de la MEP. Elle sera disponible dés la réouverture des musées. Ce sera l’occasion d’une belle immersion dans un espace, de découvrir cette vidéo avec un travail sur le son et l’installation, nous confie la commissaire de l’exposition.

Mais en attendant un probable déconfinement. La MEP nous accompagne avec des événements numériques qu’elle proposera tout au long de ce nouveau confinement à découvrir ici. Et pour découvrir plus en détails l’univers de Smaïl Kanouté c’est sur son site internet.

Visuel : ©Valérie Frossard

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Lalouchi Naoual

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