Arts

Clay Ketter à la Galerie Templon

Clay Ketter à la Galerie Templon

21 décembre 2011 | PAR Liane Masson

L’artiste américain Clay Ketter expose un nouvel ensemble de photographies et de peintures abstraites à la Galerie Templon. Ses « Courtyards and Symetric Settlements » seront présentés du 23 février au 7 avril 2012.


Clay Ketter vit en Suède depuis vingt ans mais il est né aux États-Unis en 1967. Il s’est fait connaître dans les années 1990 par ses œuvres hybrides utilisant peinture, matériaux de construction et photographie. Son travail s’inscrit dans une histoire de la peinture américaine abstraite de Jackson Pollock à Robert Ryman, empruntant à l’histoire des utopies artistiques autant qu’aux réalités de l’artisanat. Il se charge ici d’une dimension socio-politique et existentielle.

La série des photographies « Symmetric Settlements » a été réalisée en manipulant des images satellite de lotissements américains. Les vues aériennes sont dupliquées, créant un motif parfaitement symétrique qui rappelle le jardin baroque à la française, les dessins des mandalas ou encore les tests de Rorschach. Clay Ketter avoue apprécier la beauté de ces formes, observant avec tendresse le désir fou de perfection et de sécurité qu’elles sous-tendent. Ces représentations ambigües dressent le portrait d’une communauté introvertie, qui exclut à force de vouloir se protéger.

Pas de perspective dans les « Settlements ». Les routes ne mènent nulle part si ce n’est au centre d’un jardin d’Eden devenu cauchemardesque (The Garden Revisited), au cœur d’un système monstrueux (Leviathan) et scellé où se reproduit à l’infini un cycle de vie basé sur le travail, la consommation et le sommeil.

Avec les « Courtyards », collages géométriques recouverts de résine polie, Ketter réaffirme sa volonté de construire la platitude au lieu de la peindre. Comme sur un plan, on y distingue des surfaces libres entre des blocs ressemblant à des groupements de bâtiments. Un art de « réinvention de la surface, de la peinture comme objet » et de l’idée de la peinture comme fenêtre, selon le critique d’art Sven Olov Wallenstein. Dans ces compositions fermées se lit la fascination de l’artiste pour l’enfermement et la finitude des choses.

Pour info : le vernissage aura lieu le jeudi 23 février de 17h à 21h.

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Liane Masson

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