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Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde, l’art pour l’art embellit le Musée d’Orsay

13 septembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

« L’art pour l’art », la formule est de Théophile Gautier, l’idée est que l’art ne doit se soucier de rien d’autre que de l’esthétique. En résulte l’Aesthetic Movement, qui dans l’Angleterre des années 1860 à 1870 a fait de la beauté son crédo.
Dans un parcours ponctué d’aphorismes d’Oscar Wilde se décline une collection magnifique et plurielle. Peinture, vêtements, accessoires, mobiliers, cette génération d’artistes a appliqué sa quête du beau à tous les supports possibles. Dans cette recherche, l’inspiration croise toutes les époques.  » A vrai dire, tout ce qui dans notre vie est moderne, nous le devons aux grecs. Tout ce qui est anachronisme est dû au médiévalisme  » écrit Oscar Wilde dans ‘La critique en tant qu’artiste». Dans cette inspiration, on reste ébahis devant les nez aquilins de Frederic Leigthon, grand nom de l’Aesthetic Movement. Il signe notamment une fresque à la thématique antique : La jeune mariée de Syracuse conduisant des animaux sauvages en procession au temple de Diane». Ne cherchez pas de récit dans ces toiles. A l’image du champ de foin de Thomas Amstrong qui semble décrire une scène de campagne mais où ni les vêtements, ni les coiffures, ni les regards ne coïncident avec la présence de fourches sur les dos des fines dames.
La collection de mobilier, sublime, vient chercher ses sources dans un Japon fantasmé. Le buffet noir, si léger d’Edward William Godwin garde de l’Asie les panneaux en papier, ici de cuir brocanté. L’inspiration japonisante envahit cette période et s’installe également dans les accessoires. Un éventail déployé laisse s’envoler des chauves-souris, motif insolite dont la tradition japonaise est friande.
Les coups de cœur sont nombreux dans cette exposition qui vous laissera bouche bée. Les peintures sont de l’ordre du rêve, femmes évanescentes aux allures préraphaélites, cheveux roux flamboyant à la Klimt, peau diaphane. Les robes sont brodées d’ors et de fleurs et l’attention portée aux détails est infinie. Notons sur le grandiose Sainte Cécile de John William Waterhouse les enluminures sur son livre.
Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde vous mettra en extase. L’exposition se fini en feu d’artifice. Voilà Eros qui a quitté pour nous la fontaine de Picadilly Circus à Londres. Ce moulage en aluminium d’Alfred Gilbert semble s’envoler.
L’ensemble montre un court instant de l’histoire de l’art absolument foisonnant. Des artistes ayant su intégrer les connaissances de leurs époques pour les traduire dans le culte du sublime.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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