Arts

Au fil des araignées, une exposition surprenante et emballante au Muséum d’Histoire naturelle

02 octobre 2011 | PAR Olivia Leboyer

Les expositions présentées au Muséum d’Histoire naturelle du Jardin des Plantes provoquent toujours l’émerveillement : le dosage entre le caractère scientifique, instructif des dispositifs, leur aspect ludique et tout ce qui relève de la fable et qui parle directement à l’imagination est chaque fois parfaitement maîtrisé. On se souvient, il y a quelques années, d’une enthousiasmante exposition sur les Mammouths, animaux largement fantasmés depuis leur disparition, et de cette information déroutante : le mammouth était doté d’un clapet anal (dont l’homme est, malheureusement ?, dépourvu).

Ici, avec les araignées, on pense être davantage en terrain connu : la bestiole existe, on l’a tous vue, chassée et écrasée en quantité. Précisément, l’expo (qui a déjà été montée à Rennes et à Lausanne, où elle a cartonné) parvient à nous faire complètement redécouvrir l’araignée, petite bête assez peu attirante à première vue. Tous ses secrets nous sont progressivement dévoilés, au fil d’un parcours très bien conçu, presque scénarisé : Qu’est-ce qu’une araignée ? Comment se comporte-t-elle ? Faut-il en avoir peur ? En 3 parties, l’expo nous dissèque d’abord l’araignée, avant de nous expliquer tous les clichés attachés à cette bien inoffensive petite bête (qui n’est pas un insecte), puis de nous révéler que l’araignée est utile à la préservation de notre environnement. Toutes ces explications, nous les recevons sous forme de panneaux, mais aussi de jeux très amusantes où de petites LED s’allument, d’extraits de films, etc. Pour les plus sadiques d’entre nous, il est même possible de se mettre dans la peau d’une araignée en ressentant ce qu’éprouve l’araignée quand elle mord ! On peut également éprouver la sensation de caresser une mygale en plongeant sa main dans un petit pot… Bref, c’est une exposition pleine de charme, où l’on peut aller pour retrouver son âme d’enfant. On en sort lesté de connaissances et presque prêt à adopter des araignées par milliers pour les accrocher un peu partout chez soi (au plafond, ou bien au fond de sa baignoire).

Et pour qui a des enfants, il faut absolument les emmener voir « Au fil des araignées » : ce sera déjà une terreur nocturne de moins !

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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