Architecture
Atmosphère végétale à la Cité de la Mode et du Design

Atmosphère végétale à la Cité de la Mode et du Design

24 juin 2015 | PAR Flora Vandenesch

Interpellé par le «plug-over» vert flamboyant qui s’illumine la nuit en passant de près ou de loin devant le bâtiment des docks en bord de seine, on a découvert la nouvelle Cité de la Mode et du Design, remodelée en 2012. La Cité célèbre cette architecture audacieuse avec quatre manifestations en ouverture de sa saison estivale, et notamment une exposition retraçant la genèse d’une écriture architecturale à partir du 24 juin 2015.

Du sous-sol jusqu’au toit, le dialogue entre design et végétal se répercute dans chaque recoin de la Cité. Les manifestations se déploient dans tout le bâtiment : le Dragon à deux têtes, De la Cité à Confluence et Living Roof. Une déambulation verte dans le dédale que forme cet espace multiple donne une bonne bouffée d’air. Partout ça respire, ça grimpe, ça tourne, ça surprend, on s’y perdrait presque, mais l’ensemble se tient, comme une liane d’acier végétal dressée au cœur de la ville. Le foisonnement du végétal vient perturber les lignes impromptues d’une structure rectiligne, tout en verre et béton, et enrichit l’édifice à la dimension minérale. François Belfort, directeur de la Cité de la mode et du design souligne « cette déformation de la structure ce sont aussi les évolutions de la seine toute proche».

Le choix de l’acier, d’un réseau métallique d’un vert saillant accentue à l’extrême la disparité avec l’ossature en béton.

Le bâtiment qui abrite la Cité de la Mode et du Design n’a jamais vraiment été inauguré. C’est l’occasion de célébrer son architecture. A demi couvert par cette charpente-structure verte étonnante, magnifié, il a changé de visage en 2012 sous l’impulsion des architectes Brendan MacFarlane et Dominique Jakob. Présente lors de l’inauguration de l’exposition De la Cité à Confluence, l’architecte explique : « Le corps en béton brut, les graffitis et le vécu ont été conservés, on a souhaité garder le bâtiment industriel d’origine. » C’est un bâtiment promenade, ouvert aux quatre vents, fondé sur un concept d’espaces, de passerelles, de pontons. Dans l’exposition, 3 grands panneaux suspendus retracent l’histoire des créations, photos de chantiers, vues de la ville, à Paris et à Lyon qui hérite d’un cube vert à Euronews et d’un cube orange sur le quai Rambaud. L’architecture privilégie un système d’arborescence, suivant une ligne commune : 2 fleuves, 3 bâtiments. Dominique Jakob nous parle de ces cubes réhabilités en périphérie et de reconquêtes de sites en bord de fleuve. « Il s’agit d’accompagner la minéralité du flux ». Coté seine, sur le toit et le long du quai d’Austerlitz, « le choix du vert pour l’enveloppe se rattache à la couleur du fleuve et à l’idée de nature. Le pari d’une couleur saillante est celui d’une architecture qui bouscule les standards et s’inscrit dans le renouveau urbain. » Les maquettes sous verre donnent une vue d’ensemble et rendent plus accessibles ces conceptions d’envergure qui, dans leurs dimensions réelles, semblent nous dépasser. Fin septembre 2015, l’exposition ira ensuite à Lyon.

Un bâtiment industriel sous perfusion végétale

En écho à la façade sinueuse et reptilienne de la Cité, le dragon à deux têtes d’Alexis Tricoire est à mi-chemin entre le végétal et l’industriel. Il prend racine au sous-sol dans le béton et vient étendre ses anneaux oranges synthétiques jusqu’au premier étage. Paré de feuilles et de fruits naturels qui continueront à pousser cet été, il occupe tout le hall d’entrée. Soucieux de préserver la biodiversité, le designer a réalisé cette sculpture monumentale en respectant les contraintes environnementales. Son installation, également inaugurée le 24 juin, passera tout l’été à la Cité de la mode et du design. Par petites touches vertes, le végétal se faufile jusqu’au rooftop de la Cité. Là, sur cette grande terrasse surplombant Paris, les Vergers Urbains et le Collectif Babylone ont conçu une résidence d’agriculture urbaine intitulée Living Roof. Leur visée est de « rendre la ville comestible », avec des potagers, un poulailler, des ruches, des légumes et des arbres fruitiers, pommiers, poiriers… Dans ce jardin perché, une partie de l’énergie est produite sur place à partir du soleil ou du vent. Les volumes saillants du bâtiment soutenus par ses piliers verts, sont couverts d’herbes sauvages. Sur le toit recouvert de planches en bois, on peut déambuler au milieu des vergers, s’asseoir, discuter, boire un verre. Et on se sent bien.

Expositions du 24 juin au 20 septembre 2015. Les Docks – Cité de la Mode et du Design, 34 Quai d’Austerlitz, 75013 Paris.

Visuel : Cité de la Mode et du Design

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Flora Vandenesch

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