Arts

Andy Warhol et ses portraits, au Grand Palais

17 mars 2009 | PAR marie

 Jusqu’au 13 juillet 2009, le Grand Palais présente un Andy Warhol portraitiste. De Marilyn à Mao en passant par Bardot, Elvis Presley et Willy Brandt.

Le Grand Palais, un salon où se cotoient pour l’occasion les « grands » des années 60’s aux 80’s. En tête de file, Mme Monroe, figure admirée par le jeune homme et, pour Andy Warhol, porte d’entrée vers l’art du portrait. Les 20 Marilyn colorées posant à côté de 20 Marilyn argentées font face, dans la salle parisienne, à un tueur en série ( Most Wanted n°1, John M, 1964) et à « l’homme américain » dans ce qu’il peut avoir, sur sa photo d’identité, de plus banal. Cet accrochage ne reproduit que ce qui est contenu dans les seuls visages de Marilyn ; usée, essorée, galvaudée, la star descend les marches de l’arène sociale, mais avec des échasses : salope ou madone, elle reste rangée dans la catégorie « icônes » de celles sorties de l’usine et devant lesquelles les catholiques de Pittsburg (ville natale de Warhol) prient.

Enchanté par le portrait de la star, le prospère américain Robert Scull commande à Andy Warhol un traitement similaire pour sa femme. Une longue et joyeuse séance de photomatons et quelques 300 clichés plus tard révéleront une Ethel Scull (Ethel Scull 36 times, 1963) presque palpable, aussi vivante que le modèle-Marilyn était figé…

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Ethel Scull 36 times, 1963, © 2009 Andy Warhol Foundation for the visuals arts inc.

Andy Warhol est un artiste, et sa Factory n’aura d’usine que le nom. Aucun de ses portraits, même lorsqu’ils reproduisent à l’infini (ou presque : 4, 5, 7 toiles) le même sujet, ne se ressemblent : le peintre Jean-Michel Basquiat avec ses membres découpés en petits carrés comme des oeuvres à vendre ; Brigitte Bardot, fantôme sérigraphié commandé par celui à qui, deux mois durant, l’actrice fut mariée (Gunther Sachs) ; ou Sonia Rykell dessinée sur le modèle de ses propres créations. Point de barrières nationales, de catégories professionnelles rejetées (si ce n’est par l’argent), ou de freins politiques. « Je peins tous ceux qui me le demandent » explique Warhol : Mao contre qui il retourne les armes de la propagande, la famille royale iranienne parce que c’est un ami qui lui en fait la commande (l’ambassadeur d’Iran à New-York) ou un Lénine au visage rouge sanguinolent…

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Brigitte Bardot, 1974, © 2009 Andy Warhol Foundation for the visuals arts inc.

Si à la manière de Chirico, Andy Warhol ne cesse de rejouer (Replay), comme si, une fois enclenché, le mécanisme ne pouvait s’arrêter, les toiles qui résultent de ces éternelles mises ne sont pas exemptes de sentiments : sous ses doigts, même le gonflé Sylvester Stallone est touchant. L’est plus encore Julia Warhola, sa Maman, visage fatigué aux yeux cerclés de lunettes, figure trop humaine dans cette foule aux corps lissés et diamantés. Pour toutes ces (é)toiles (hormis peut-être les familiales), seul le prix est fixe : 25 000 dollars pour le premier panneau, 15 000 pour les suivants. D’ailleurs, l’argent lui même s’est fait croquer par un Warhol qui en était, de son propre aveu, obsédé (Dollar Sign, vers 1981)…

 Selon certaines estimations, le peintre-photographe aurait à son actif un million de portraits. Assemblées, toutes ces oeuvres devaient constituer une toile bien plus grande, le « portrait de la Société ». Le Grand Palais n’en a rassemblé qu’une partie infime quoique suffisante pour donner la nausée au visiteur. En vue d’amenuiser cette avalanche colorée, le commissaire de l’exposition ( Alain Cueff) a misé sur la sobriété : des salles blanches, des thématiques simples et peu (trop peu) de tableaux explicatifs.  Nécessaire intermédiaire entre le néophyte et une oeuvre artistique qui ne se considérait pas comme telle (« Je ne suis pas un artiste » disait Warhol), l’audioguide est donc conseillé. Avec cet clef (ou une autre), le grand monde d’Andy Warhol vous est ouvert, profitez-en !

 Le grand monde d’Andy Warhol, Grand Palais, Jusqu’au 13 juillet 2009, Métro Franklin Roosevelt ou Champs-Elysées Clemenceau, tous les jours sauf mardi de 10h à 22h fermeture le jeudi 20h, Tarif : 11 euros, TR : 8 euros (13-25 ans, demandeurs d’emploi, familles nombreuses) gratuit pour les moins de 13 ans.

Audioguide 5 euros (3 euros en téléchargement).

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Triple Elvis, 1963, © 2009 Andy Warhol Foundation for the visuals arts inc. / Adagp, Paris, 2009

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