Arts

1931, la face, le dos et le profil d’une exposition vue sur toutes les coutures

1931, la face, le dos et le profil d’une exposition vue sur toutes les coutures

28 mars 2013 | PAR Mariska Konkoly

La galerie du Crédit Municipal à Paris ouvre aujourd’hui ses portes sur une exposition étonnante marquée par la mode et l’histoire mais surtout par une date, 1931. Une année phare qui induit une période riche dans les arts entre surréalisme et le début d’une modernité apparente dans un contexte d’après guerre. Face, dos et profil, c’est le nom donné pour décrire une mode vue en miroir mémorisant les dessins et les photographies d’archives, construits en tryptiques.  Un passage en tableaux qui mêle l’époque des années folles aux inspirations de Jeanne Lanvin, de Jean Patou ou encore de Madeleine Vionnet. Un épisode événement sur la mode des années 30….

 

La découverte sculpte les corps et les dessins de l’exposition dont le maître mot semble être : cinétique. Le ton est donné par un relief apparent et cette façon de traiter l’image en trois : de face, de dos et de profil. La femme des années 30 s’habille d’élégance de légèreté inspirant la mode que l’on connaît aujourd’hui.

La simplicité apparente des formes induit une recherche des coupes très prononcée, comme un sentiment de minimaliste touché du doigt mais toujours avec l’objectif certain de mettre la femme en valeur. Au sommet des pièces absolues, le pyjama de plage éprouvant de chic, porté en pantalon large et taille haute, mesuré par des hauts épaulés en vue d’affiner la taille. Un modèle surprenant d’avant-gardisme initié par les maisons Jean Patou et Jeanne Lanvin, qui laisse présager l’arrivée du smocking.

Les imprimés dansent et les maisons de couture rivalisent de prouesses pour dessiner des motifs  sur la crêpe de soie (la matière se fait toujours plus légère et vaporeuse) en pois, en fleurs, le style est graphique et synonyme de pérennité. La géométrie des formes qui constitue les coupes ou même les couleurs assure une symétrie irréelle que l’on nommerait presque de contemporaine en observant les dessins à plat, colorés et posés tels  des tableaux, signés par Marcel Peseux.

Et puis, une pièce phare au centre de l’exposition, magistralement relevée, un manteau du soir par Jean Patou qui signe l’époque d’un trait d’élégance universelle. Les manches sont évasées, la coupe d’une extrême longueur, le velours d’un noir absolu métamorphose des reflets poudrés. S’ensuit l’ère romantique, un passage manifeste du froufrou arborescent, des dentelles épaisses qui lient corps et coupes grandiloquentes, une haute couture minutieusement inspirée du 19 siècle, et construite sur mesure pour la valse qui revient dans les salons à la fin de l’époque.

En finale, la robe fourreau qui déjoue les pierreries et l’accumulation de détails, elle s’épure à outrance décolletant le dos et rivalise d’ingéniosité sur les matières en incrustant des formes qui jouent entre mat et brillant. Un appel à l’influence qui dessine aujourd’hui comme un gage immortel les silhouettes qui défilent alors.

 

Crédit photo Archives de Paris / DU12U10 642

 

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