Arts
1001 nuits à l’Institut du monde arabe.

1001 nuits à l’Institut du monde arabe.

15 janvier 2013 | PAR Sandra Bernard

Depuis des temps immémoriaux, l’Orient mystérieux nous transporte dans un monde de rêve et de magie, peuplé de Djinns, de belles princesses et de trésors fabuleux. Pour nombre d’entre nous, les contes orientaux riment avec Shahrâzâd et les 1001 nuits. L’institut du monde arabe, toujours aussi inspiré, a décidé de lever le voile sur les origines de cette oeuvre monumentale. Pour ce faire, il a mis en place une exposition sous forme d’invite aux voyages, voyages dans des pays lointains où mythes et histoires se rejoignent et dialoguent.

Cette grande exposition thématique jongle habilement entre clichés et pédagogie. Les thèmes sont nombreux et variés. On débute par une remise en contexte historique puis géographique de la rédaction de ce chef d’oeuvre de la littérature. Chaque grande thématique est explicitée, en particulier l’amour, la mort, le voyage et la magie avec des sous catégories occupant chacune une petite pièce. Le passage d’un univers à l’autre se fait toujours en douceur, grâce à une scénographie évocatrice très agréable, faite de grottes magiques et de palais enchanteurs, dans une ambiance bleue nuit pourtant assez lumineuse. La circulation est relativement fluide malgrés les enfilades de pièces. Les oeuvres présentées sont très nombreuses et variées, allant des manuscrits anciens aux extraits vidéos des nombreux films inspirés par cet univers, en passant par des bijoux, des armes, des gravures, des automates ou des photographies. Elles sont toutes associées à un cartel détaillé et beaucoup de textes certes très clairs et intéressants mais un peu lassants à la longue.

Les mille et une nuits ont fasciné tour à tour l’Orient, le moyen Orient puis l’Occident, créant ainsi un syncrétisme autour de thèmes communs, sous des formes à la fois exotiques mais adaptées au lectorat. Chacun s’est réapproprié le récit pour l’adapter aux goûts, à la culture et aux attentes du public visé. Les contes perses et sassanides ont été transportés dans les palais des sultans de Damas, du Caire et de Bagdad, en changeant les noms et en ajoutant moult détails de la vie quotidienne. Les Européens on rendu les histoires plus chastes et y ont incorporé d’autres fables comme celle d’Aladin, qui ne se passe pas au moyen Orient mais dans la Chine inconnue et mystérieuse. La postérité de l’oeuvre, que ce soit au théâtre, à l’opéra ou au cinéma est grandement abordée et démontre que l’ouvrage est toujours vivace dans les esprits.

Ce qui a fait le succès de cette oeuvre, c’est l’emboitement des histoires qui ne semblent pas avoir de fin, tout comme l’exposition ou les explications… La renommée des contes doit également beaucoup à la figure emblématique de Shahrâzâd, femme belle et cultivée qui par son imagination et ses qualités oratoires parvient ainsi à sauver sa vie, celle des autres femmes du royaume et même à se faire aimer du cruel sultan. Alors souhaitons à cette exposition le même succès qu’à la belle et ses contes.

Visuels : Affiche de l’exposition

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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