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Une Française à la tête de l’Unesco

Une Française à la tête de l’Unesco

16 octobre 2017 | PAR Marie Boëda

Vendredi 13 octobre, Audrey Azoulay a été élue directrice générale de l’Unesco face au Qatari Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari. Dans un contexte difficile, l’ancienne ministre de la Culture (2016-2017) doit donner un nouveau souffle à l’organisation après le retrait d’Israël et des Etats-Unis.

Un vote dans une ambiance maussade

Vendredi soir, l’ancienne ministre a obtenu 30 voix contre 28 pour son adversaire. Ce choix sera validé par la conférence générale des Etats membres le 10 novembre. Irina Bokova est donc encore directrice jusqu’au 15 novembre. Elle n’a pas manqué d’exprimer sa déception face au retrait des Etats-Unis puis d’Israël de l’institution. Ces derniers jugent les positions de l’Unesco anti-israéliennes et protestent contre la décision de déclarer la vieille ville Hébron en Cisjordanie « zone protégée du patrimoine mondial ».

Un coup dur pour l’Unesco

Les Etats-Unis avaient fait un premier pas dans ce sens en suspendant leur contribution financière en 2011 au moment de l’adhésion de la Palestine. « Nous entrons dans une nouvelle ère aux Nations unies, celle où, quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix », a déclaré Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU.

Avec deux pays en moins, c’est « l’universalité de l’organisation qui est en jeu » disait Irina Bokova sur France Info ; tous les membres de la communauté internationale sont nécessaires pour répondre aux missions de l’Unesco : créer un « dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples, fondé sur le respect de valeurs partagées par tous » et « contribuer à l’édification de la paix… ». La décision devrait être effective fin 2018.

Israël se félicite cependant de l’élection d’Audrey Azoulay mais maintient son retrait si les Etats-Unis, leur principal allié, en font de même. Quel rôle leur retrait a tenu dans la nomination de l’ancienne ministre française ? En attendant, cette dernière va devoir faire preuve d’un sens diplomatique aigu pour essuyer cet abandon symboliquement fort.

Un job sur mesure ?

Audrey Azoulay est née à Paris dans une famille juive marocaine et a très vite travaillé dans le Tout-Paris culturel et politique ; d’abord au Centre national du cinéma et de l’image animée avant de devenir conseillère culture de François Hollande puis ministre de la Culture. Dans une interview à Jeune Afrique, elle rappelait les raisons pour lesquelles elle a postulé : « J’ai une vraie envie pour ce poste, parce qu’il porte des valeurs universelles et humanistes. L’Unesco, c’est la connaissance de l’autre ».

Elle a grandi dans un milieu de gauche et politisé sur le conflit israélo-palestinien. Espérons que ses connaissances lui permettront de développer un lien entre le monde arabo-musulman et les communautés juives.

Visuel : ©Didier Plowy/Ministère de la Culture et de la Communication

 

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Marie Boëda

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