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UN SAMEDI AUX RENCONTRES DU FILM D’ART DE SAINT GAUDENS : Un voyage auprès d’artistes éternels

UN SAMEDI AUX RENCONTRES DU FILM D’ART DE SAINT GAUDENS : Un voyage auprès d’artistes éternels

28 janvier 2020 | PAR Jérémie Laurent-Kaysen

Deuxième journée aux Rencontres du film d’art de Saint Gaudens. Toute la culture vous livre ses coups de cœur et l’organisation de cette étonnante journée.

Une formule complète

La 7ème édition des Rencontres du film d’art a proposé une nouvelle fois un panel de longs et courts métrages prêts à satisfaire toutes sortes de public. Danse, bande-dessiné, photographie… Munis d’un stylo et du programme des séances, les différents spectateurs se sont attelés à construire consciencieusement le parcours de leur journée.
Sept salles ont accueilli plus de 25 projections ce samedi 25 janvier. Entre deux visionnages, les individus avaient la possibilité de se sustenter au restaurant Le Régent, ouvert de 9h30 pour le petit déjeuner jusqu’à 22h passé pour le dîner. Une organisation efficace et réussie pour une moment de plaisir à la (re)découverte de ce genre si particulier qu’est le film d’art.

Des films à découvrir

Toute La Culture, s’étant pris au jeu de la sélection, vous propose son petit parcours :

Kusama : Infinity
Un des artistes contemporains les plus appréciés et convoités à travers le monde. Sa petite coupe au carré rouge et ses tenues à points n’ont pas pu vous échapper. Elle est connue notamment pour ses salles immersives constituées de miroirs et de lumières, traduisant une certaine forme d’infinité, comme Fireflies on the water qui est actuellement au musée des Beaux-arts de Nancy. Ce film est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce personnage étrange et farfelu dont la carrière n’était absolument pas tracée. Ses oeuvres ont inspiré les plus grands, tel Andy Warhol, qui ont même eu l’audace de lui piquer ses idées. Entre désillusion, sexisme et racisme, Yayoi Kusama est l’exemple même de la femme forte, engagée, qui s’est battue pour sa passion et son art. Probablement l’un de nos films coup de coeur.

Système K
Plongez au coté de Renaud Barret dans les profondeurs artistiques de Kinshasa, ville du Congo. Le réalisateur déjà connu pour son film Benda Bilili! nous offre un nouveau périple auprès d’une population meurtrie par la guerre, la destruction et la pauvreté. Certains puisent dans cette pénombre pour s’exprimer à travers l’art. Béni avec ses constructions en plastique, Kill Bill et son art destructeur ou encore Majestik et sa baignoire ensanglantée, tous recyclent les objets pour créer encore et encore afin de faire de l’art le « miroir de la population ».

Cunningham 3D
Merce Cunningham, couramment nommé le « Einstein de la danse », est dévoilé au grand public pour une expérience en trois dimensions. Des images d’archives se mêlent à des enregistrements, des lettres et des vidéos récentes de sa troupe, qui a survécu au décès de son fondateur en 2009. Un enchaînement captivant, dévoilant des scènes emplies de mille et une couleurs. L’envers du décor d’un artiste en avance sur son temps qui a collaboré avec les grands noms de son époque comme John Cage ou Andy Warhol. L’occasion parfaite pour découvrir les talents de ce dadaïste de la danse.

Une soirée avec Nicolas Philibert

Plein d’images en tête, les spectateurs ont pu achever leur course par une projection-rencontre avec le réalisateur Nicolas Philibert, connu pour ses reportages saisissant comme Etre et avoir ou encore La moindre des choses.
Samedi soir, il est venu présenter un film au condition un peu particulière, tournée en 1990 : La Ville Louvre. Alors qu’il était convié pour un tournage d’une journée au musée du Louvre, qui était dans sa période d’agrandissement, le réalisateur a très rapidement été fasciné par le travail de fourmi de son équipe. Trois mois plus tard, jouant à cache-cache avec l’administration du musée, n’ayant aucun droit de filmer, il s’est intéressé au dessous du célèbre palais et du quotidien de ses différents ouvriers, artisans et artistes. Un film riche, drôle et émouvant qui était, pour son époque, unique en son genre. Quelques décennies et une restauration d’images plus tard, le documentaire n’a rien perdu de sa qualité et son réalisateur de son talent.

(extrait du film La Ville Louvre)

Les Rencontres du film d’art ont continué jusqu’au dimanche soir au cinéma le Régent de Saint-Gaudens. Le film « bruit de couloir » – titre donné au métrage qui a été le plus apprécié par les spectateurs – ferme la marche.
Que l’amour de Laetitia Mickles a été l’heureux élu. Ce film retrace l’histoire d’Abdel, jeune vendeur de voiture, passionné par Jacques Brel et sa musique. Plusieurs soirs par mois, il enfile son costume bleu marine, gomine ses cheveux et, suivi de ses deux musiciens, rentre dans la peau du célèbre chanteur français. Un récit émouvant qui laisse penser que les classiques de la chanson française ne sont pas encore complètement tombés dans l’oubli.

 

Pour sa septième édition, le cinéma Le Régent de Saint Gaudens a ainsi proposé un évènement soigné avec la volonté de partager au public un genre cinématographique si peu connu. Plus de 80 projections en quatre jours et deux expositions – l’une des photographies de Claude Nori, l’autre des peintures d’Alain Alquier – pour un week-end où l’art et la culture était le liant de tous.

Visuels: © Rencontre du film d’art de Saint Gaudens

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Jérémie Laurent-Kaysen
Après deux années de classe préparatoire en Lettres et une licence Humanités, lettres et sciences humaines, il réalise actuellement un Master de Journalisme Culturel à Paris X. Il est rédacteur pour Toute La Culture depuis novembre 2019.

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