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[Tour de Web] Plaisir et culpabilité

[Tour de Web] Plaisir et culpabilité

21 juin 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Cette semaine, les interdits pleuvent, de quoi centrer notre Tour de Web sur une notion bien ancrée dans le siècle : le contrôle de la liberté. Cette semaine alors, deux mots au lieu d’un : Plaisir et Culpabilité

Pas de bras pas de chocolat

Le Nutella, nommons le, est au cœur d’une affaire qui, partie de France, agite la planète. « Finit-on toujours par « payer » un moment de plaisir ? La question n’a pas été posé lors des épreuves de philo du bac, mercredi, mais elle taraude souvent les parents des jeunes amateurs de Nutella » se demande le Point.
Pourquoi cette question face à ce pot qui a comblé votre cœur vidé de son contenu par une rupture bien corsée ? Tout commence au Grand Journal en début de semaine dernière. La ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, écrit 20 minutes, s’en est pris au Nutella, accusé, au grand dam de Ferrero, de contribuer à la déforestation de par son recours massif à l’huile de palme.


Les tâches

L’occasion, même si la déclaration de Ségolène Royal a suscité des railleries y compris dans les plus hauts rangs de l’Etat, comme on peut le lire dans Closer : L’occasion donc pour le premier ministre Manuel Valls de se moquer un peu de sa Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Selon des propos rapportés par Le Parisien/Aujourd’hui en France, il aurait déclaré : « Ségolène, qu’est-ce qu’on fait, on annonce cet après-midi une manifestation de plusieurs milliers d’enfants après tes propos sur le Nutella ? On interdit la manif, ou on envoie les flics ? ». Car les propos de Ségolène Royal sur la célèbre marque de pâte à tartiner ne sont pas restés sans conséquence. » En effet. Jusqu’à Milan ou la célèbre marque tient un stand, l’affaire a largement énervé.  Le corriere della sera nous invite à revivre l’affaire en images.

Fin de l’histoire ?

Face à la polémique qui a commencé à gronder sérieusement, la ministre à reculé  comme nous informe le Nouvel Ob »s « A la surprise générale, la ministre de l’Ecologie s’est excusée sur Twitter après avoir déclenché la colère des lobbies de l’huile de palme et des responsables politiques italiens en critiquant Nutella. »

Mais pendant ce temps là, l’huile de Palme…

Alors fin de la polémique peut être car il vrai qu’incriminer la pâte à tartiner seulement n’était pas très fair play. Il n’empêche que l’affaire a permis de remettre en avant pourquoi l’huile de Palme c’est dégueulasse. Le Monde dans un papier très fourni explique « En quoi la consommation d’huile de palme influe sur notre santé et notre environnement ? » : Si sur la santé le risque est relatif : « La forte concentration en acides gras saturés peut provoquer des maladies cardiovasculaires, mais ces mêmes acides, qui se trouvent dans d’autres aliments comme le fromage ou la viande, augmentent le bon cholestérol », sur la nature il est sans appel : »Selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la culture du palmier à huile serait responsable de 17 à 27 % des déforestations en Indonésie, et 80 % en Malaisie. »

Quelles solutions ?

Slate raconte : Avec l’idée de lutter contre la déforestation, une équipe de l’Université de Bath a ainsi développé une méthode pour transformer une sorte de levure particulière, utilisée dans la production de vin, en une source d’huile ayant des propriétés similaires à l’huile de palme (donc avec toujours autant d’acides gras saturés, par contre), explique Munchies.
Il y aussi ceux qui inventent d’autres choses : Le Temps raconte : « Michel Lescanne a inventé une pâte à base de cacahuète qui a conquis la planète, surtout le pan le plus pauvre. Quelque 6 millions d’enfants malades en ont bénéficié en 2014. L’ingénieur est finaliste du Prix de l’inventeur européen »

D’un plaisir coupable, suivi d’une phrase singée, finalement, l’idée d’une réflexion sur un autre mode de production se fait. Et puis vous pouvez toujours faire fondre du chocolat noir au micro-ondes le matin, ça marche…

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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