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StopCovid : l’appli qui divise

StopCovid : l’appli qui divise

27 avril 2020 | PAR Clémence Varène

Depuis plusieurs semaines maintenant, un débat fait rage autour de la création d’une application qui enregistrerait toutes nos interactions, afin de freiner la propagation du virus.

L’application de traçage sera soumise demain mardi 28 avril au vote des parlementaires français. Face à cette prise de décision imminente, un collectif de spécialistes du numérique met en avant les dangers de cette plateforme dans une tribune au Monde.

Alors que d’autres systèmes de traçage sont déjà en train d’être testés, par exemple à Hong-Kong ou en Corée du Sud, ils ne concernent pour l’instant que les personnes malades. StopCovid, application destinée aux smartphones, toucherai tous les citoyens. Beaucoup craignent un problème de sécurité, et un accès trop facile aux données de chacun. Certains redoutent un nouveau scandale Cambridge Analytica. La tribune insinue donc que l’application serait avant tout un moyen de servir des intérêts économiques, du moins dur le long terme, impossible à surveiller et à contrôler. 

Même si l’installation de cet outil reste sur une base de volontariat, beaucoup pressentent une obligation forte. C’est par exemple le cas en Italie ou s’estompe peu à peu le caractère facultatif. Beaucoup insinuent que ne pas prévenir de son infection via l’application met beaucoup de vies en danger. Tout l’intérêt d’un tel outil repose donc sur le fait qu’il soit utilisé par le plus de monde possible.

Face à ces éléments, qui semblent menacer la vie privée de tous, la Commission Nationale de l’Information et des Libertés (cnil) se prononce. La commission spécifie que l’application doit être créée en respectant le règlement général de protection des données (RGPD). Pour cela, elle estime que l’utilisation de pseudonyme, ainsi que l’impossibilité de remonté la liste des personnes contaminées sont suffisante. De plus, son utilisation doit être limité dans le temps, dans le cadre d’un projet sanitaire global. Enfin, la cnil déclare que l’utilisation doit toujours rester sur la base du volontariat, et que sa non-utilisation ne doit en aucun cas pénaliser si l’on nécessite des soins.

La mise en place de StopCovid reste donc très controversée, et le résultat des débats qui doivent se tenir aujourd’hui et demain sera très attendu.

Visuel : ©fickr – all creative commons.

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Clémence Varène

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