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Statut intermittent, le diagnostic vital

Statut intermittent, le diagnostic vital

03 février 2021 | PAR Lise Ripoche

On se souvient de ce discours du 6 mai 2020 d’Emmanuel Macron, tout en manches, à la fois trop camarade et trop condescendant, s’adressant aux intermittents pour les inviter à « se réinventer. » 9 mois après, alors qu’approche la fin de « l‘année blanche » la crise est toujours là, les salles de spectacles toujours fermées, et le monde de la culture encore sinistré. 

 

Le statut intermittent en temps de crise

Loin d’être un statut idéal, l’intermittence est un régime de chômage. Pour s’adapter à la flexibilité des travaux réalisés par les professionnels de la culture tels que les comédiens du spectacles vivant et du cinéma, les techniciens du son, des lumières.. les intermittent bénéficient d’une protection sociale qui leur permet de toucher en parallèle une allocation au chômage. Le statut doit être reconduit tous les ans à une même « date d’anniversaire » en faisant valoir un minimum de 507h de travail sur l’année écoulée. Alors qu’habituellement il est déjà complexe d’obtenir et de maintenir ce statut, étant donné la forme de contingence nécessaire qu’accompagnent le travail « fragmenté » des intermittents, dépendant des contrats sur des périodes souvent fluctuantes, autant dire que dans le contexte actuel il est évidemment impossible de remplir ces conditions initialement requises. Longtemps passé sous silence au début de la crise sanitaire, le statut d’intermittent a été abordé lors de l’annonce du « plan culture » du 6 mai 2020. Pour répondre à cette situation inédite d’arrêt de l’activité culturelle, le plan prévoyait de prolonger la durée d’indemnisation de l’ensemble des intermittents jusqu’au 31 août 2021 avec report de la date d’anniversaire ou de la fin de droit à cette date. A ce jour, cette date limite approchant et le monde de la culture étant encore largement immobilisé par les mesures préventives et restrictives, se pose la question vitale de l’avenir de ce statut et de ses bénéficiaires. 

 

La fin de l’année blanche ?

Alors que les voix s’élèvent pour demander la prolongation de la durée des indemnisations au-delà de la date premièrement fixée au 31 août 2021, le service de presse du Ministère de la Culture informe que la Ministre de la Culture Roselyne Bachelot, et la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, Elisabeth Borne, ont confié au Conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, une mission de diagnostic sur la situation des intermittents. Il s’agira d’évaluer ce que serait la situation des intermittents après cette date butoir, en analysant les situations particulières (secteur d’activité, métier exercé, date d’anniversaire des droits des intéressés) afin de « proposer des ajustements du dispositif en fonction de cette analyse ». Les conclusions de ce diagnostic, attendues pour la fin du mois de mars décideront donc de l’avenir de ce statut.

 

La politique palliative

Aucunes promesses ni mesure concrètes n’ont pour le moment été annoncées, reconduisant ainsi cette situation dans laquelle les acteurs du secteurs culturelle pâtissent non seulement de cette situation au quotidien mais aussi, et surtout, du manque de perspectives et de mentions d’avenir autres que ces enquêtes palliatives. Près d’un an après la parution dans Le Monde d’une tribune signée par un grand nombre de professionnels concernés, les mêmes questions demeurent: “Comment feront les intermittents pour pouvoir continuer à acheter à manger après la prolongation de trois mois qui a été décidée?? Comment feront les auteurs, qui ne bénéficient même pas de ce système??”. 

 

 

crédit visuel: L Larralde

 

 

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