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Simone Veil est décédée à 89 ans

Simone Veil est décédée à 89 ans

30 juin 2017 | PAR Fiona Dubois

Simone Veil est décédée ce matin, vendredi 30 juin,  à son domicile à Paris. Retour sur le parcours d’une immense femme politique française, rescapée de la Shoah et initiatrice d’une des lois santé les plus fondatrices de notre droit : la loi Veil de 1975, qui dépénalise l’avortement.

Le retour des camps de la mort

Née dans une famille juive non pratiquante, Simone Veil est arrêtée à 16 ans, transite par le camp de Drancy puis est déportée à Auschwitz-Birkenau. Un prisonnier lui conseille de déclarer avoir plus de dix-huit ans pour échapper à l’extermination, et être soumise au travail forcé. Le reste de sa famille sera également déporté, mais seules Simone Veil et ses sœurs en reviendront. Quant à son père et son frère, ils sont déportés en Lituanie, et sa mère meure du typhus dans le camp de Bobrek.

1975 : la Loi « Veil »

Simone Veil est nommée ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing de 1974 à 1981. A ce poste, elle prépare la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), dite loi Veil, qui dépénalise l’avortement en France. Elle veut en faire une loi de santé publique qui permet de réglementer une pratique qui se fait dans une clandestinité dangereuse, tout en insistant sur le caractère « d’ultime recours » que doit garder selon elle la pratique de l’IVG. Une loi qu’elle a du porter face à une Assemblée où les débats sont virulents. Face à eux, elle déclare :

« Je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu’il perde ce caractère d’exception, sans que la société paraisse l’encourager ? Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme – Je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. »

Pour cette loi de santé publique, la ministre obtient la quasi-totalité des votes des députés de la gauche et du centre, malgré l’opposition de la majorité des députés de la droite.

Une longue vie politique, un retrait sous les honneurs

De 1979 à 1982, Simone Veil préside le Parlement européen. De 1993 à 1995, elle est ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement d’Édouard Balladur. En 1998, elle est nommée membre du Conseil constitutionnel. Une longue vie politique donc, dont elle va se retirer progressivement, après le décès de sa sœur et de son époux.

Néanmoins Simone Veil reste considérée comme l’une des plus grandes femmes politiques françaises. Couverte d’honneurs, elle reçoit la Légion d’honneur en 2009, et entre à l’Académie française en 2008. Et selon le dernier sondage Ifop, Simone Veil est la femme préférée des français. Car comme lui déclara Jean d’Ormesson lors de son long discours de bienvenue dans le cercle des Immortels de l’Académie française, on voue à Simone Veil une grande admiration mais autre chose s’y mêle : « du respect, de l’affection, une sorte de fascination »

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Fiona Dubois

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