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Sarlat, lieu de fêtes dyonisiaques

Sarlat, lieu de fêtes dyonisiaques

02 mars 2019 | PAR Sabina Rotbart


Certaines fêtes de campagne sont crispantes, identitaires et attisent une redoutable nostalgie. D’autres s’avèrent, au contraire, toniques et revigorantes. Comme Fest’oie qui se déroulait à Sarlat, en Dordogne, les 2 et 3 mars ou  les 10 et 11 d’autres journées gourmandes. 

Atmosphère à la Bruegel
Imaginez mille personnes en train de banqueter ensemble comme dans un tableau de Bruegel ! Se délectant de toutes les parties comestibles de volatiles locaux, les fameuses oies du Périgord.  Fest’oie, un banquet drolatique et rustique, qui a eu lieu dimanche  au centre culturel de Sarlat impressionne par sa démesure joyeuse. Pantagruel n’est pas d’ici mais la fête est dans cet esprit là, car le repas comporte pas moins de 15 plats, « Tout à l’oie » dont le foie gras servi à volonté (50 euros). Impossible d’assister au pied levé à ce banquet  qui dure 6 heures et qui est un lieu de rendez-vous pour des amis venus de la France entière, car il se réserve en novembre (les mille places se vendent en deux heures !), mais tout le  week-end les festivités se succèdent et ensuite les fermes et les conserveurs accueillent toute l’année et les fêtes se succèdent. Comme les festivals d’ailleurs dans cette petite ville de 9000 habitants qui réussit la gageure d’attirer deux millions de visiteurs par an… Il faut venir de préférence au printemps ou en automne quand la lumière flatte les toits couleur châtaigne ou gris foncé. Mais surtout pas au mois d’août où les routes sont encombrées.

Ateliers pour gourmets hyperactifs
Ce samedi, il fallait rejoindre  le marché de cette ville médiévale qui fut un site pilote de la loi sur les secteurs sauvegardés portée par André Malraux, visiter l’après–midi les fermes d’élevage et les conserveurs ouverts au public pour l’occasion. Là on voit les animaux sur leur parcours libre (comme à la très belle ferme de la Garrigue haute, une ferme auberge tenue par des éleveurs, à Prats-de-Carlux, www.lagarriguehaute.fr). On peut apprendre des gestes inconnus, comme préparer le foie gras, farcir des cous, confectionner des rillettes et cuisiner l’oie. Une occasion pas si fréquente, gratuite, à condition de s’inscrire au préalable (Office du tourisme : 05.53.31.45.45).
Des visites guidées de la ville sont organisées par l’office du tourisme et permettent de découvrir la construction de cette cité. (7 euros). Il faut la contempler d’en haut grâce à l’ascenseur panoramique transparent construit en 2012 par Jean Nouvel, un gars du coin, qui avoue avoir été sensibilisé à l’architecture par celle impressionnante, de la ville où il a passé son enfance. Du haut de cet ascenseur qui s’ouvre sur le ciel, on englobe du regard  les toits de lauzes  auto-portants et les maisons minuscules de l’époque médiévale .

 

Bandas et bodég’oie
Ici, c’est le Sud-ouest, fief des bandas, ces fanfares de cuivres sonores. Le samedi soir, elles sont venues sonner à partir de 19h (place de la Liberté), pour une soirée Bodég’oie où gouter manchons, saucisses d’oie et grillades.

Préhistoire, jardins : il y a trop à voir autour !
Tout près, il y a trop à voir autour de Sarlat. Lascaux à Montignac d’abord à 9 km, qui a littéralement créé la notoriété de Sarlat dans les années quarante car c’était la gare la plus proche du site préhistorique . L’ouvrage de  Georges Bataille témoigne du choc créé à l’époque par la découverte des peintures. Mais il y a aussi des châteaux, par poignées, Beynac, Castelnaud, Biron . Très animés et pas lassants car chacun développe un angle différent. 

Il y a aussi des jardins particulièrement excitants comme les célèbres jardins de buis de Marqueyssac  (150 000 buis) où la galerie londonienne Re-riddle vient d’installer des œuvres à taille humaine avec lesquelles le public peut interagir. Taillée à l’aide de formes, de patrons, à partir du buis sauvage qui peuple les sous-bois (www.marqueyssac.com). 

 

Pour enfants …
Contre toute attente, les enfants, si on les laisse faire sans idées préconçues, adorent les saveurs tendres du foie gras et celles plus robustes du confit! Lors des fêtes, des jeux sont aussi prévus pour eux, comme d’écrire à l’aide d’une plume d’oie ou de décorer des œufs, d’oie toujours, sans oublier les jeux traditionnels qu’il faut venir découvrir sur place, comme es maies, ces mats où il faut grimper (dans certaines fêtes, pour gagner le jambon placé tout en haut). 

On n’oubliera  pas non plus de lire le Discours sur la servitude volontaire de la Boétie, la célébrité du lieu…
Sabina Rotbart

En pratique :
www.sarlatadugout.fr
www.sarlat-tourisme.com

Où loger:

Au Plaza Madeleine et spa (125 euros la double), en plein centre, avec une piscine chauffée, ou au Best Western Renoir, piscine aussi en été (83 euros la double)

Où gouter : pommes sarladaises et bonnes omelettes aux cèpes : Au glacier, 9 place de la Liberté. 

Où se ravitailler en bonne chère : chez Vidal, au marché couvert, le grand faiseur de foie gras, où découvrir aussi les rillettes d’oie non moins savoureuses et une huile de noix irrésistible. 

« Verte » d’aprés Marie Desplechin dans une magistrale mise en scène de Léna Bréban
Les disques classiques et lyriques du mois de février 2019
Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

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