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Roger Rabbit selon Steve Cutts

Roger Rabbit selon Steve Cutts

25 septembre 2014 | PAR Fanny Bernardon

Celui qui se présente sur son profil Facebook comme un ermite qui aime faire de la sculpture et des gâteaux, est aussi un talentueux réalisateur de films d’animation. Steve Cutts édite ce mois-ci sa nouvelle pâtisserie.

Steve Cutts propose dans son dernier film, une version plutôt morbide et sinistre de ce que sont devenus nos héros de dessins animés, bandes dessinées, feuilletons et jeux vidéos.

L’anciennement plantureuse et séduisante Jessica Rabbit raconte de sa voix rauque, fatiguée, presque masculine, usée par bières, cigarettes et « mal bouffe », l’histoire de ces héros du passé. Dans un décor urbain abîmé et désert, rythmée d’une Gymnopédie d’Erik Satie, Jessica nous fait le portrait de ces anciennes stars, anciennes idoles qui ont fait rêver les enfants. Leurs destinées glorieuses et leurs aventures légendaires se sont lentement élimées et dégradées pour laisser place à des vies atrocement banales et déprimantes.

Les Schtroumpfs, Popeye, Donald, Alf, Droppy, Pikachu, cette galerie d’amusants et distrayants personnages nous livre des portraits fades de nos anciens héros. Le tranquille Garfield n’a pas guéri de sa gourmandise, amassant les kilos au fil du temps. Jessica Rabbit, elle non plus, n’a pas échappé au vice de la paresse. Limitant ses déplacements du canapé jusqu’à la cuisine, faisant un douloureux effort vers la restauration rapide FCK, elle a regardé passer les années derrière son poste de télévision. Dans le fauteuil à côté d’elle, on découvre un Roger Rabbit, d’antan si agile et dynamique, désormais amorphe, cigarette au bec, dans un salon décoré de canettes de bière vides. Sur les murs, les images encadrées de la beauté perdue de sa femme qu’il ne regarde plus, qu’il ne sort plus et dont il se débarrasserait volontiers.

L’obésité de celle qui fut une icône symbolise le jeu auquel joue Steve Cutts avec nous. Where are they now ? nous livre une version relativement noire de la déchéance et de l’oisiveté qui succèdent parfois aux heures de gloire. Le réalisateur s’amuse avec les genres et les images et égrène au fil de son histoire des héros que l’on s’amuse à reconnaître.

Ce dernier cour-métrage signé Steve Cutts est le dernier d’une série de films et de dessins dont le réalisateur aime à expliquer les messages cachés avec ceux qui le suivent sur son blog et les réseaux sociaux. Pour son inventivité et ses détournements amusants, Where are they now ? mérite un visionnage !

Visuel : © www.Stevecutts.com

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Fanny Bernardon

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