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« Premier résistant européen », Manólis Glézos est mort ce lundi 30 mars.

« Premier résistant européen », Manólis Glézos est mort ce lundi 30 mars.

31 mars 2020 | PAR Clémence Varène

Particulièrement connu pour son opposition au régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, il était un homme politique et écrivain grec.

Né le 9 septembre 1922, Emmanouíl « Manólis » Glézos n’est encore qu’étudiant quand il s’engage dans la lutte contre le fascisme. Dès l’invasion de son pays par l’Italie, il est l’un des premiers à vouloir prendre les armes. Mais sa demande est malheureusement refusée à cause de son âge.

Quelques temps plus tard, il prend une revanche lorsqu’il s’engage dans la résistance alors que la Grèce tombe entre les mains de l’Allemagne nazie. C’est le 30 mais 1941 qu’il devient un véritable symbole de cette opposition à la dictature, lorsqu’accompagné d’un de ses compagnons, il décroche le drapeau nazi du sommet de l’Acropole, à Athènes. Considéré comme le premier acte de résistance du pays, ce geste lui vaudra d’être condamné à mort par contumace. Il sera par la suite arrêté et torturé de nombreuses fois jusqu’à la fin de la guerre.

Mais son combat de prit pas fin en 1945, puisque très rapidement après, le pays fut touché par une nouvelle tragédie : la guerre civile. Il fut de nouveau condamné à mort plusieurs fois à cause de ses opinions politiques, et devint tout de même membre du Parlement grec en 1951, alors même qu’il effectue un énième séjour en prison. Il représente alors la Gaude Démocratique Unie (EDA). Parmi les raisons de ses incarcérations, l’espionnage, fausse accusation très courante en période de Guerre froide.

Au total, Manólis Glézos passera 11 ans et 4 mois de sa vie en prison, répartis entre la Seconde Guerre mondiale, la guerre civile, et le régime des colonels qui se tiendra dans le pays entre 1967 et 1974.

À cette date, avec le retour de la démocratie, Glézos intègre le PASOK, le parti socialiste, pour lequel il deviendra membre du Parlement européen. Il deviendra d’ailleurs par la suite le plus vieil eurodéputé. Il sera ensuite député pour la SYRIZA, « coalition de la gauche radicale ». Mais cet homme politique était également très investi au niveau local, et sera même président du conseil municipal de la ville d’Apirathos, son lieu de naissance, pendant plusieurs années.

Il finira par se retirer de la scène politique en 2015, à 92 ans. Et c’est 5 ans plus tard, ce lundi, qu’il décède malheureusement de problèmes gastriques. Il restera à jamais héros et symbole de la résistance au régime nazi, et un immense défenseur de la justice sociale. Celui que de Gaulle appelait « le premier résistant européen » laisse derrière lui un héritage fort.

Visuel : peinture de Manolis Glézos © all creative commons – flickr

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Clémence Varène

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