Politique culturelle
Vols et recels d’objets d’art en Egypte, l’Unesco se mobilise

Vols et recels d’objets d’art en Egypte, l’Unesco se mobilise

17 mars 2011 | PAR Floriane Gillette

Le 28 janvier dernier alors que la population égyptienne manifestait son intention de voir le Président Hosni Moubarack quitter le gouvernement, des individus peu scrupuleux profitaient de la situation pour piller le Musée du Caire, soixante-dix pièces avaient été endommagées dont une statue de Toutankhamon et celle d’Akhénaton.

Depuis ces évènements de la fin janvier, Hosni Moubarack a démissionné et les rassemblements place Tahir se sont amenuisés. Si l’heure est à la reconstruction les pillages continuent, notamment dans des zones reculées. Mardi, dans le cadre du colloque de l’Unesco sur le trafic illicite des biens culturels, Irina Bokova a rappelé  que des sites archéologiques et des musées sont à l’heure actuelle toujours en proie aux vols.

Dans ce contexte particulièrement tendu, l’Unesco s’inquiète et interpelle la Communauté internationale. Le sous-directeur général pour la culture de l’Unesco, Francesco Bandarin, évoque une triste réalité : « On ne sait pas toute la vérité, sur le vol (du 28 janvier) au Musée égyptien du Caire, ni sur les pillages d’autres collections, musées et sites archéologiques ». Le constat de la directrice du département des antiquités égyptiennes au Musée du Louvre, à Paris n’est pas réjouissant. Guillemette Andreu-Lanoë ajoute que: « les pillards vont dans les endroits reculés, comme les sites sauvages des pyramides de Dahshur, Abousir et Saqqarah (au sud du Caire), ou encore dans le Sinaï et dans les oasis, où il n’y a personne ». Précisément, des bas-reliefs ont été découpés à la scie dans la tombe de Qar à Saqqarah, des vols commis à Abousir et Mit Rahina.

Les sites et magasins de stockage d’Alexendrie, de Saqqarah-sud ou Abydos subissent les mêmes préjudices. La région Haute-Egypte semble épargnée par ces pillages, comme en témoigne l’archéologue Hourig Sourouzian actuellement présent sur le site du Temple d’Aménophis III.

Écarté du gouvernement, l’archéologue et ex- secrétaire d’État aux antiquités, Zahir Hawass n’en demeure pas moins concerné, il appelle la Communauté internationale à se mobiliser et publie sur son blog, le détail des pillages.

Le colloque sur le trafic illicite de biens culturels devrait créer un partenariat entre l’Unesco et l’Egypte pour qu’une protection réelle et satisfaisante des objets d’arts soit mise en place. Une mission qui passe par une vigilance extrême afin de stopper l’éventuelle circulation des pièces dérobées. C’est dans ce but que le directeur du musée du Caire a envoyé à la directrice  la liste des cinquante-quatre objets volés dans son musée, dont les statues en bois doré de Toutankhamon et de Néfertiti.

L’archéologue égyptienne, Gihane Zaki, reste consciente que l’effort de protection doit d’abord venir des Egyptiens eux-mêmes « Il faut aussi sensibiliser les gens et les former, notamment les gardiens. Au Conseil suprême de l’armée de punir sévèrement ceux qui touchent au patrimoine », dit-elle, tout en reconnaissant que la gravité de la situation économique relègue le patrimoine au dernier rang : « Les gens ont faim. »

Le partenariat Unesco-Égypte prend toute sa place ici, et permettra de débloquer si ce n’est les fonds nécessaires, des moyens plus importants pour arrêter cette dilapidation du patrimoine.

 

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