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Vives réactions et actions du monde de la culture suite à l’annonce du gouvernement

Vives réactions et actions du monde de la culture suite à l’annonce du gouvernement

14 décembre 2020 | PAR quentin didier

Ça a été la douche froide de cette fin de semaine dernière, les lieux culturels n’ont pas obtenu l’autorisation de rouvrir leurs portes pour le mardi 15 décembre. L’incompréhension laisse place à l’action au sein du secteur culturel.

Une idiote exception culturelle française

Comment, alors que tous les commerces dont les grands magasins ou encore les lieux de culte sont ouverts, le gouvernement peut-il encore condamner les lieux culturels ? Dans sa déclaration Jean Castex évoquait le fait que les musées, les salles de spectacle et les salles de cinéma étaient par extension des établissements accueillants du public. Evidemment cela est bien aussi le cas des exemples cités précédemment. Pas besoin d’un important travail de terrain pour s’en rendre compte à quelques jours du ‘’transcendant’’ Black Friday et des fêtes de fin d’années ; les centres-villes et les commerces sont blindés.

Alors on s’interroge. Sur France Culture, Romaric Daurier directeur du Centre National Dramatique de Valenciennes, le Phénix, apporte d’intéressants éléments de réponses à cette « erreur historique ». « Une double erreur par rapport à l’histoire de l’exception culturelle française », la culture ne serait pas considérée à sa juste valeur au sein de la société française. On placerait alors la culture en tant que simple divertissement, et non pas comme un accès propre à une forme de spiritualité. L’exception culturelle française ne serait-elle qu’une égocentrique expression ? Le gouvernement continue en effet de considérer le secteur culturel comme ‘’non-essentiel’’, selon ce terme qui rend rouge de colère tout un pan de la société. Dans leur édito, les Inrockuptibles évoquent une décision liberticide et aliénante. Ces derniers mois c’est en effet métro-boulot-dodo avec juste comme piètre satisfaction un joyeux Noël et les achats qui vont avec évidemment.

L’incompréhension laisse donc place à des conclusions. Marc Lainé, directeur de la Comédie de Valence, Centre Dramatique National Drôme-Ardèche, nous confiait : « La fermeture des seuls lieux de culture n’est plus qu’un symbole, un geste par lequel le gouvernement veut nous faire croire qu’il continue d’agir et d’être responsable. Cette fermeture fait résonner encore plus fort dans nos esprits à quel point ces lieux de rassemblements sont des espaces de liberté et de résistance possible face à la crise ». Il est donc désormais question d’agir.

Le domaine de la culture passe à l’action

Longtemps sur une stratégie défensive, le secteur culturel passe à l’action. Le gouvernement doit se préparer à un recours en référé-liberté. Cette procédure permet d’obtenir en urgence « toutes mesures nécessaires » lorsqu’une administration porte atteinte à une liberté fondamentale. On rappelle que l’Eglise a opté pour cette procédure auprès de l’Etat et a obtenu gain de cause. Dans sa lettre ouverte, l’acteur Samuel Churin déclare que le référé-liberté est une solution viable. En effet les lieux de culte et les lieux culturels possèdent les mêmes caractéristiques : « Chacun est assis, masqué, ne bouge pas et tous regardent dans la même direction ». Reste à savoir si le gouvernement est prêt à privilégier culte sur culture.

Quoi qu’il en soit, les syndicats du monde de la culture se mobilisent sans détours. Dans un communiqué de presse le SNSP (syndicat national des scènes publiques) déclare s’associer « à un recours du plus grand nombre d’opérateurs culturels, toutes branches confondues, prochainement intenté devant le conseil d’Etat, visant à obtenir l’annulation du décret à paraître. ». Un appel au soutien de la procédure de référé-liberté est engagé par les directeurs et directrices de compagnies, de salles de théâtre et de structures culturelles. La pétition réunit déjà des centaines et des centaines de signataires à travers la France.

La CGT, rejoint par l’A-CDN, appelle à manifester ce mardi 15 décembre à travers toute la France. Pour les parisiens, un cortège se réunira à 12h Place de la Bastille. La manifestation soumet au gouvernement des propositions claires et concrètes :

  • Un soutien financier de l’État et des collectivités aux résidences de création et répétitions pour « travailler quand même » et préparer les spectacles particulièrement dans les musiques actuelles, les arts de la rue ou le cirque.

  • Un soutien aux enseignements artistiques, alors que les conservatoires voient fuir les élèves.

  • La garantie de tous les droits sociaux, en particulier à la médecine du travail, à la complémentaire santé, à la formation professionnelle continue, aux droits à sécurité sociale en cas de congé maternité ou maladie, la prolongation de l’année blanche pour l’assurance chômage des intermittent.e.s du spectacle.

  • Des protocoles sanitaires adaptés à nos métiers qui permettent de travailler sans mettre en danger aucun d’entre nous, non plus que le public.

La culture se mobilise donc en masse face à cette récente décision gouvernementale. On rappelle que les lieux culturels pourront être rouverts seulement à partir du 7 janvier prochain. Et encore pour l’instant rien n’est sûr. On croise les doigts pour que les réclamations et la colère soient entendues.

Visuel : Affiche CGT Manifestation du 15 décembre

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quentin didier

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