Politique culturelle
Une éducation artistique et culturelle pour tous!

Une éducation artistique et culturelle pour tous!

26 septembre 2013 | PAR Mélanie Taverny

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En cette rentrée les projets de loi et d’avis tombent à foison sur l’éducation. Seulement, face à des inégalités sociales concernant la culture que l’on retrouve dès la petite école jusqu’au lycée. Le CESE (Conseil Economique Social et Environnemental) a confié à la section de l’éducation, de la culture et de la communication la préparation d’avis et d’un rapport sur une politique de développement du spectacle vivant sous la présidence de M. Philippe Da Costa et de Mme Claire Gibault comme rapporteurs. Le CESE veut permettre à tous une «éducation artistique et culturelle tout au long de la vie» sous l’école de la République 2013 de la nouvelle mandature socialiste. Le 24 septembre, le CESE a donc voté à l’assemblé plénière le projet d’avis sur l’éducation artistique et culturelle (EAC).

L’inégalité face à la culture est flagrante dans certains milieux. «La diversité n’est pas représentée à ses grand niveaux d’excellence par exemple» constate Claire Gibault directrice générale et artistique du Paris Mozart Orchestra et vice-présidente de la section éducation, culture et communication au CESE. Ce projet d’avis qui comporte une quinzaine de propositions porte sur la refondation de l’école qui mettra en avant l’accès à la culture pour tous à travers une éducation culturelle éclectique, à l’école, mais aussi en dehors. Cette politique d’ensemble concerne divers cadres s’appliquant par la mise en place d’associations culturelles étudiantes, d’ateliers artistiques dans le cadre de conventions avec les rectorats par exemple tout en associant les parents à la mise en place du parcours d’EAC ( Education Culturelle et Artistique).

Au delà des murs scolaires, ce programme doit s’opérer sur une formation en continue dans tous les lieux que ce soit au sein des entreprises, où il faudrait soutenir et développer les actions des comités inter-entreprises et encourager le dialogue social territorial. Au sein des hôpitaux où il faudrait généraliser les interventions des artistes et les initiatives en matière d’art thérapie. Et au sein des prisons par exemple où il faudrait généraliser puis rendre obligatoire les activités culturelles dans toutes les maisons centrales et maisons d’arrêt.

Le spectacle vivant est donc mis à l’honneur. On entend par là : le théâtre, la danse, les arts du cirque et de la rue. Ces pratiques que l’on voudrait mettre au cœur du système scolaire sont à la fois artistiques et collectives. L’idée est d’installer des moyens et cadres propices qui poussent les jeunes à la culture, comme des auditoriums ou des salles de théâtre dans les lycées par exemple. Le projet d’avis s’appuie sur une ouverture de champs culturels en apportant à l’apprentissage cérébral, qui commence à la maternelle, un coté sensoriel en rendant les jeunes acteurs.

Face à des pays où la culture est beaucoup plus intégrée, notamment au nord de l’Europe, la France souhaite remédier aux difficultés dès l’école élémentaire. Seulement ce beau projet aux allures utopiques rencontre dès problèmes. Prenons l’exemple des chorales. On ne peut les mettre en place car les maitres d’écoles n’ont pas de formation directe. Ce projet pose donc d’autres nœuds et remet en cause le professorat et leur formation qui ne se veut pas toujours complète pour aboutir à cette proposition. Deux types d’univers, de formations sont appelés à collaborer; il s’agit des enseignants de l’éducation nationale et des artistes qui vont arriver au sein des établissements. Le CESE veut valoriser les pratiques amateurs collectives en développant des projets artistiques communs entre amateurs et professionnels. Ce projet de société nait aussi dans une période de crise où le budget ne permet pas de grands exploits. Il se retrouve face à des difficultés de financement des associations. Avec des inégalités flagrantes, certains jeunes défavorisés n’ont pas le même accès à la culture que d’autres et n’ont donc pas les mêmes pratiques musicales, et le CESE veut décloisonner les genres artistiques en mettant en avant un combat pour la pratique artistique et une pratique sensorielle par une participation patente des jeunes. Leur optique est de redynamiser la vie associative notamment avec la naissance de chorales amateurs et le développement de l’art de rue. Au fil du cursus scolaire, les pratiques artistiques sont moindres et les différents horizons culturels sont malmenés, on remarque un public moindre dans les concerts de musiques classiques par exemple. Certaines pratiques musicales sont encore méconnues du grand public ou sont teintées de préjugés.

C’est à travers différents milieux que l’on se rend compte des inégalités culturelles et artistiques. L’accès à la culture diverge. En prenant le problème à la source dès le plus jeune âge, des solutions peuvent être apportées. La culture creuse des différences à travers les milieux sociaux. Une école fédératrice qui parle au nom de l’artistique est donc possible. C’est un pas vers le progrès d’une politique culturelle à mener à bien «tout au long de la vie».

Visuel : (c) Photo d’une assemblée plénière du CESE

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Mélanie Taverny

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