Politique culturelle
Tout ce que vous voulez savoir sur le CECU de Lille (ou presque…)

Tout ce que vous voulez savoir sur le CECU de Lille (ou presque…)

06 octobre 2014 | PAR Audrey Chaix

Toute La Culture vous en parlait déjà la semaine dernière : ce week-end, la Ville de Lille a inauguré un tout nouveau lieu de culture, le CECU. Derrière cet acronyme un peu énigmatique se cache le Centre Eurorégional des Cultures Urbaines, un espace de 2 500 m² dédié aux cultures issues du hip hop, qu’il s’agisse de musique, de danse ou d’art visuel. Avec cette démarche, la Ville de Lille marque ainsi son engagement auprès des cultures urbaines, une volonté portée avec conviction par le maire. Mais sinon, concrètement, le CECU, qu’est-ce que c’est ? 

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Pour ceux qui ne connaîtraient pas la scène culturelle lilloise, une petite mise en contexte s’impose : depuis 2004 et l’année de la capitale européenne de la culture, Lille s’est dotée de nombreux équipements culturels municipaux en plus des musées existants. C’est ainsi que sont nées les maisons Folie, créées pour Lille 2004, et dont la gestion a été reprise par la Ville depuis. Quelques années plus tard, en 2009, c’est la Gare Saint Sauveur qui a complété ce paysage. Ces trois structures, emblèmes du renouveau urbain et culturel de la ville, ont toutes le point commun d’avoir été construites à partir de friches industrielles laissées à l’abandon par la désindustrialisation de la ville. Elles sont également caractéristiques de la volonté de la ville d’installer des lieux de culture au cœur des quartiers, pour amener les projets artistiques au plus près des habitants.

L’an dernièr, la Ville de Lille a inauguré un nouveau lieu qui, lui, est sorti de terre en même temps que le quartier qui l’entoure : Le Grand Sud dans le quartier de Lille Sud, salle polyvalente de haut vol qui peut accueillir tout type de manifestation, du banquet de mariage des habitants du quartier au concert d’Oxmo Puccino qui a marqué son inauguration. Et enfin, ce week-end, c’est le Centre Eurorégional des Cultures Urbaines qui est venu compléter l’offre culturelle. Et ce CECU inaugure également une nouvelle manière de fonctionner en synergie : en effet, il a été conçu par le cabinet d’architecte King Kong comme une extension de la maison Folie Moulins, son enveloppe de verre et d’acier contrastant avec la brique et la cheminée de l’ancienne brasserie à laquelle il est adossé. Les équipes des deux maisons Folie ont fusionné pour créer une équipe commune qui gère les trois équipements – même si, la Ville l’assure, chaque lieu conservera une identité propre, mais avec un projet et une programmation pensées en commun. Avec, au cœur du projet artistique du CECU, la volonté de soutenir et de diffuser la jeune création hip hop.

Pour l’instant, le CECU est avant tout une coquille vide, et finalement, sa proximité avec la maison Folie Moulins, qui, elle, vit depuis dix ans, permet de l’aider à faire ses premiers pas. L’exposition inaugurale « A Nous York », qui permet de faire une rétrospective sur la scène hip hop new-yorkaise, est d’ailleurs pensée entre les deux espaces, dans un grand hall d’exposition qui est une extension de la maison Folie tout autant qu’une passerelle vers le CECU. Le lieu dédié aux cultures urbaines, lui, offre aux artistes et au public une grande salle de 350 m² avec gradins modulables, ainsi que des espaces de travail spécialement pensés pour la création des arts urbains : une salle de graff au-dessus des toits (avec un système de ventilation spécifique pour éviter de trop respirer les gaz produits par les bombes de peinture) complétée par un mur de graff en terrasse – vue imprenable sur le quartier de Moulins garantie, deux salles de danse ainsi que trois studios de musique en sous-sol, dont l’isolation phonique a été imaginée pour créer des conditions acoustiques optimales sans gêner le voisinage.

Enfin, ce qui frappe avec le CECU, c’est que le lieu est tout entier pensé en transparence, pour permettre une plus grande perméabilité entre les espaces intérieurs et le quartier qui l’entoure. La nuit, les baies vitrées qui s’ouvrent sur l’extérieur s’illuminent d’une multitude de petites diodes qui mettent la façade en valeur, ce qui semble donner vie à ce drôle de cube.

A ceux qui s’inquiètent de voir une institution s’emparer des cultures urbaines, par essence contestataires, ou qui s’insurgent en répétant que les cultures urbaines sont nées dans la rue et qu’elles ne doivent pas s’éloigner de leur berceau, Martine Aubry promet une liberté d’expression qui ne sera limitée que par le cadre de la loi. Et surtout, elle promet une évaluation en juin 2015, pour que tous les acteurs concernés fassent un point sur le rôle du CECU dans la professionnalisation des artistes, ce qui est son premier rôle. Rendez-vous au printemps prochain donc, pour faire un point sur ce lieu qui est le premier du genre en France.

Pour se renseigner sur la programmation du CECU, rendez-vous sur le site de la Ville de Lille.

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaix photo : maxime dufour photographies.

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