Politique culturelle
Saison 2014/2015 : L’Odéon, des reprises, des succès

Saison 2014/2015 : L’Odéon, des reprises, des succès

11 mai 2014 | PAR Christophe Candoni

En dépit d’une ouverture qui s’annonce exceptionnelle avec la création des Nègres de Jean Genet mis en scène par Robert Wilson, la prochaine saison de l’Odéon donne une (trop ?) large place aux reprises de spectacles.

Ainsi, on pourra à nouveau applaudir en 2014/2015  La Réunification des deux Corées, succès triomphal de Joël Pommerat qui reviendra aux ateliers Berthier avant Les Fausses confidences de Marivaux à l’Odéon où, dans la mise en scène relativement conventionnelle de Luc  Bondy, la sublime Isabelle Huppert en femme amoureuse et Louis Garrel en jeune ingénu irradient à la tête d’une distribution de premier plan.

Ces reprises sont évidemment très attendues mais posent naturellement question. Elles laissent un sentiment mitigé entre le bonheur incontestable de voir des productions majeures rencontrer un public nombreux et la crainte de voir l’offre se réduire, la prise de risque et la création s’amenuiser.

Surtout que la prochaine saison annoncée comprendra également la première parisienne des Particules élémentaires, une adaptation à succès du roman de Michel Houellebecq mise en scène par Julien Gosselin il y a déjà un an au Festival d’Avignon où se produira cet été avant Paris l’intégralité d’Henri VI de Shakespeare par Thomas Jolly, pièce qui, dans une version non achevée, a déjà beaucoup tourné et fait la part belle des scènes nationales depuis au moins deux ans (Sceaux, Rennes, Mulhouse, Bethune, Velisy…). Jean Bellorini, tout nouveau directeur du Théâtre Gérard Philipe et plus jeune directeur d’une scène nationale, produira une nouvelle mouture de Liliom, le chef d’œuvre de Molnar, dont il avait présenté une première version dans une vraie fête foraine au Printemps des comédiens à Montpellier. Ainsi donc une nouvelle génération de metteurs en scène, certes pas la plus radicale, sera bien représentée à l’Odéon mais dans des spectacles pour beaucoup déjà vus et diversement appréciés.

Pour les « vraies » nouvelles productions, il faudra compter sur le directeur de l’Odéon lui-même qui s’attaquera cette année à Ivanov de Tchekhov et Alain Françon qui retrouvera ses acteurs fétiches autour du dernier texte de Peter Handke, Toujours la tempête.

Théâtre de l’Europe oblige, trois metteurs en scène étrangers (ce qui semble finalement peu) trouveront leur place dans la programmation annoncée, deux en partenariat avec le festival d’automne. Après, The Old Woman, Peter Pan, Einstein on the beach, et Le Couronnement de Poppée actuellement en préparation à l’Opéra Garnier, Bob Wilson clôturera sa riche saison parisienne avec une mise en scène des Nègres de Jean Genet pour l’ouverture de saison. Suivront la sulfureuse Angelica Liddell, artiste volcanique et scandaleuse avec You are my destiny, une pièce inspirée du Viol de Lucrèce puis l’inénarrable Christoph Marthaler qui revisite à sa manière inimitable Das Weisse vom Ei, une pièce méconnue de Labiche avec les acteurs du Theater Basel.

Répétition Les fausses confidences © Pascal Victor

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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