Politique culturelle

Saison 2014/2015 : le retour de Michael Thalheimer à la Colline

Saison 2014/2015 : le retour de Michael Thalheimer à la Colline

11 mai 2014 | PAR Christophe Candoni

Pour la sixième et dernière saison de son premier mandat à la tête de la Colline, Stéphane Braunschweig s’entoure d’artistes fidèles et habitués des lieux : metteurs en scène confirmés, grande pointure européenne et jeunes créateurs sont réunis pour une saison 2014/2015 très prometteuse.

Après ses mises en scène de Je disparais et Jours souterrains, le directeur de la Colline retrouvera l’écriture du dramaturge Arne Lygre dont il assurera la création française de la dernière pièce en français, Rien de moi, qui raconte l’histoire d’une femme quittant mari et foyer pour vivre une nouvelle vie moins socialement normée. Faut-il voir une boucle se boucler avec cette héroïne proche de la Nora de Maison de poupée d’Ibsen que Braunschweig mettait en scène tout juste arrivé à la Colline en 2009.

Dans le cadre du festival d’automne à Paris et en ouverture de saison, Sylvain Creuzevault proposera son adaptation théâtrale du Capital de Karl Marx, intitulée Le capital et son singe. Sa nouvelle création s’intéressera au fonctionnement du pouvoir, comme Le Père Tralalère et Notre Terreur, déjà présentés tout deux à la Colline.

Avec deux productions, le génial metteur en scène allemand Michael Thalheimer fera son retour à la Colline où il montera son deuxième spectacle en langue française. Pour s’attaquer à La Mission de Heiner Müller, il retrouvera Charlie Nelson, Claude Duparfait, Stefan Konarske, Jean-Baptiste Anoumon, soit la quasi-intégralité de la distribution du Combat de nègre et de chiens de Koltès, pièce coup de poing qu’il présentait à La Colline en 2010. On découvrira également sa mise en scène berlinoise de Légendes de la forêt viennoise de Ödön von Horváth unanimement saluée lors de sa création en 2013 au Deutsches Theater.

Autre dramaturge germanique d’importance mais bien moins connu et joué en France, Ernst Toller sera à l’affiche avec Hinkemann dans une mise en scène de Christine Letailleur. Stanislas Nordey  sera de la distribution avant de retrouver un de ses auteurs de prédilection, Pier Paolo Pasolini, de qui il proposera  Affabulazione coproduit avec le théâtre de Vidy Lausanne dirigé désormais Vincent Baudriller, l’ex-directeur du festival d’Avignon.

Le collectif Les Possédés habitué lui-aussi de la Colline y proposera un nouveau Platonov de Tchekhov qui réunira Emmanuelle Devos et Christophe Paou tandis que Valérie Dréville et John Arnold se donneront la réplique dans La Bête dans la Jungle de Henry James adapté en français par Marguerite Duras et mis en scène par Célie Pauthe.

Artiste associée de la saison avec Stanislas Nordey, Caroline Guiela Nguyen, découverte cet hiver avec Elle brûle à la Colline et au théâtre de Vanves, présentera la nouvelle création de sa compagnie Les hommes Approximatifs, intitulée Le chagrin. Jeunes metteurs en scène, Rémy Barché montera La Ville de Martin Crimp, Julie Duclos Du pain et des Rolls d’après le film La Maman et la putain et Nicolas Liautard Il faut toujours terminer qu’est-ce qu’on a commencé inspiré et conçu à partir des différentes versions du Mépris (Moravia, Godard, Homère, Dante).

Photo : Arno Declair, Geschichten aus dem Wiener Wald, Regie Michael Thalheimer, 2013, Deutsches Theater

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III).Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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