Politique culturelle
Philippe Ier, le nouveau roi des Belges (et non celui de Belgique)

Philippe Ier, le nouveau roi des Belges (et non celui de Belgique)

23 juillet 2013 | PAR Bastien Stisi

belgiqueLe 3 juillet dernier, le roi Albert II annonçait sa volonté d’abdiquer, après 20 années de règne ponctuées par une multitude de crises politiques et identitaires, en faveur de son fils Philippe. Une démission inédite dans l’histoire du royaume et émouvante pour une population qui voit avec l’avènement du nouveau roi une occasion de briser, l’espace d’une passation de pouvoirs célébrée en grande pompe ce dimanche, les clivages endurcis qui gangrènent la santé de l’État depuis une demi-douzaine d’années.

Philippe Ier est donc depuis ce dimanche le nouveau roi des Belges. Il n’est cependant en aucun cas « le roi de Belgique », comme on a pu l’entendre trop souvent ces derniers jours au milieu des célébrations d’usage pompeuses et festives (le 21 juillet est également le jour de la fête nationale belge…) et des portraits pseudo journalistiques présentant avec minutie ou paresse le parcours et la personnalité du nouveau roi.

Plus qu’une faute de langage révélatrice d’un raccourci oral simplificateur, c’est bien d’un véritable non-sens dont il s’agit lorsque l’on parle de « roi de Belgique », en considérant de l’essence et de la nature même du régime politique belge, régi depuis la création du royaume à l’été 1830 par une monarchie constitutionnelle.

Comme cela pouvait être le cas en France lors de la Révolution de 1789 (jusqu’au passage de Louis XVI par la case prison, puis par celle de la guillotine…), puis surtout lors du retour des Bourbons sur le trône de France à partir de 1814, le souverain installé à la tête du royaume belge voit son pouvoir compensé et contrôlé par celui de la constitution, et donc par celui du peuple.

En cela, loin de l’absolutisme régalien monnaie courante dans une bonne partie de l’Europe jusqu’au début du XIXe siècle, la tradition (héritée et influencée par les systèmes constitutionnels français) considère que le roi est le premier des Belges, mais en aucun cas celui de Belgique dans un sens large et vague, et ce depuis la création officielle d’une Belgique indépendante en août 1830. L’appellation prend encore davantage de sens lorsque l’on sait les divisions profondes qui opposent la Flandre et la Wallonie et qui menacent considérablement depuis 2007 l’État belge d’une implosion assassine et définitive.

«  Le rôle du roi des Belges et sa légitimité est de se mettre au service de la démocratie et de ses concitoyens, seuls titulaires de la souveraineté ». Albert II le rappelait bien lors de son discours annonçant son abdication : le roi tient son pouvoir du peuple, et n’envisage en aucun cas de lui usurper. Qu’à cela ne tienne.

Visuel : © drapeau de la Belgique

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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