Politique culturelle

Le Passeur de sciences, Georges Charpak, est mort

30 septembre 2010 | PAR Pamina Le Guay

Le physicien Georges Charpak est mort mercredi, à Paris, à l’âge de 86 ans. Cet ancien résistant est entré en 1948 au CNRS comme chercheur dans le laboratoire de physique nucléaire du Collège de France, puis avait rejoint le CERN (Centre européen de recherche nucléaire), à Genève. En 1992, il a reçu le prix Nobel de physique pour ses travaux sur les détecteurs des particules à hautes énergies.


« C’était une personnalité très attachante, très engagée et un inventeur génial, c’est un monstre sacré qui disparaît », a expliqué Michel Spiro, président du conseil de l’Organisation européenne pour la recherche.

Les hommages pleuvent ce jeudi matin après le décès de Georges Charpak presqu’aussi méticuleusement que la pluie vient frapper le pavé parisien. Des mots touchants de Michel Spiro qui fut l’un de ses proches collaborateurs à ceux plus convenus des politiques, à l’instar de la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse.

Revenons sur son parcours, presque romanesque : depuis l’Ukraine, en passant par son arrivée en France, à l’âge de sept ans. Ce jeune polonais qui, depuis, est devenu un pur produit de l’école de la République. Sans oublier son passage par la résistance et le camp de Dachau durant le second conflit mondial. Enfin, sa naturalisation française et une carrière de physicien qui va le mener à la plus haute distinction : le prix Nobel en 1992.

Aujourd’hui, les techniques utilisées au CERN pour visualiser les trajectoires des particules « dérivent des inventions de Charpak : il a tout de suite vu que ses inventions pouvaient avoir des applications pour l’imagerie, notamment médicale, l’imagerie du vivant, l’imagerie des matériaux, si bien que ça sert dans la vie de tous les jours » résume Michel Spiro.

Charpak était un homme immense. Sa voix était douce et son humilité sans fond. Comme lorsqu’il évoquait l’association La main à la pâte, dont il fut à l’origine et qui a changé la manière d’aborder l’enseignement de toutes les sciences pour nombre de bambins : « surtout, ne plus apprendre idiot », disait-il. Voilà l’homme, prix Nobel en 1992, qui avait l’intelligence rare de se baisser à la hauteur de ses interlocuteurs pour leur faire aimer la physique. Et qui, obstinément, cherchait à comprendre les autres disciplines. Sa soif de vulgarisation l’honorait, elle était spontanée parce qu’il se voyait avant tout en « passeur de sciences ».

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Pamina Le Guay

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