Politique culturelle
La situation des migrants résumée en dessins

La situation des migrants résumée en dessins

07 août 2015 | PAR Elodie Schwartz

Suite au bad buzz créé par Hagi Touré, qui se faisait passer pour un migrant racontant son périple en images sur les réseaux sociaux, Toute La Culture a décidé de sélectionner rien que pour vous les dessins les plus marquants résumant la situation actuelle des migrants…

Guerres, misères, persécutions…. Nombreux sont ceux, chaque année, à vouloir fuir leur pays dans l’espoir de rejoindre l’Eldorado. Pour ce faire, ils empruntent des routes au péril de leur vie, tout cela sans compter le fait qu’ils abandonnent leur famille et se délestent de tous leurs biens. En Méditerranée, depuis le début de l’année, les migrants seraient déjà plus de 100 000 à avoir tenté une traversée selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. On se souvient par exemple du triste l’épisode des « migrants de vintimille » en juin dernier dont la situation n’a toujours pas évoluée, rapporte FranceTV Info. A Calais, le même scénario se produit depuis plusieurs années et a pris encore de l’ampleur ces derniers jours.

Pour preuve, la mort du jeune Moussa, érythréen de 17 ans, décédé dans sa tentative de traverser la Manche via l’Eurotunnel le 20 juillet dernier. Il s’agit du dixième cas depuis le mois de juin. Pour autant, les candidats au passage en Grande Bretagne continuent d’affluer, toujours plus nombreux. De tous horizons, de l’Afrique à l’Asie en passant par les Balkans, ces hommes sont épris d’un désir d’une vie meilleure, avec notamment la possibilité de gagner suffisamment d’argent pour pouvoir en renvoyer une partie à leur famille restée au pays.

Ces flux migratoires constituent un réel casse tête pour les autorités des pays de transit (Italie, France) ou d’accueil (Royaume-Uni). Depuis deux mois, près de 2 000 tentatives d’intrusion dans l’Eurotunnel sont constatées quotidiennement. Français et Britanniques ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la ligne de conduite à adopter quant aux migrants, ce qui constitue un sujet de discorde entre les deux pays. Le Premier Ministre britannique a même effectué une belle sortie de piste en comparant les migrants à une « nuée ». Indignation et prise de distance des deux côtés de la Manche. L’Union Européenne est restée longtemps timide sur le sujet. Ce n’est qu’hier que Bruxelles a proposé une aide financière aux deux pays afin de gérer la situation, rapporte France 24.

Une situation de crise humanitaire qui en a inspiré plus d’un. En effet, sur Twitter, nombreux ont été sont à retranscrire l’histoire des migrants en choisissant le dessin comme support. Internautes mais aussi dessinateurs renommés se sont penchés sur le terrible refus d’entrée auquel sont confrontés les migrants. Patrick Chappatte, dessinateur de presse suisse, c’est par exemple indigné, montrant une barque remplie de migrants se voyant refuser l’accès sur le territoire par l’UE. Le « lifeguard » leur demandant de « reculer ».

Pierre Kroll, dessinateur et caricaturiste belge, de son côté a traduit cette situation de manière plus affirmée. Utilisant la métaphore, il a remplacé l’Eurotunnel par un entonnoir menant forcément à un destin tragique : la mort.

Enfin, sur Instagram, une internaute a publié un dessin de Braggi Carlotta, toujours très réaliste, montrant des migrants dans un bateau. Le commandant de bord, avant de les accueillir, leur demande d’où ils viennent et ces derniers répondent de « la terre ». Une manière de signifiée qu’ils sont de la même planète et donc tous égaux mais surtout humains avant tout.

Si ces dessins montrent donc l’intransigeance des différents pays de la zone quant à l’accès des migrants à leur territoire, pour autant aucun ne montrent une voie à suivre pour la résolution de la situation. Pouvoirs publics, dessinateurs, caricaturistes, tous semblent buter devant la complexité du problème. Nombreuses ont été les propositions évoquées, depuis un durcissement de la législation à l’égard des migrants jusqu’au bombardement des embarcations quittant les côtes africaines. Pour autant aucune ne paraît pouvoir durablement et efficacement endigué le phénomène.

Rappelons tout de même qu’il s’agit d’un phénomène mondial, affectant ainsi de nombreuses zones dans le monde, depuis la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, jusqu’aux 4 Dragons Asiatiques en passant bien sûr par l’intégralité de la zone euro.

Plutôt que de renforcer les mesures sécuritaires, de nombreuses voix s’élèvent ainsi depuis des années, appelant à davantage d’humanisme et d’intégration devant un phénomène finalement naturel et inéluctable au regard de l’histoire mondiale et de l’inégalité entre les territoires et les hommes. A moins d’avoir un jour les mêmes opportunités et conditions de vie en tout point du globe, ce qui nous apparaît en l’état légèrement utopique, préparons nous à accueillir des populations qui viendront, peu importe les risques, plutôt que de tenter vainement de ralentir le phénomène et qu’il ne nous explose finalement entre les mains.

 

 

Visuels : ©The New York Times / Chappatte / Braggi Carlotta / Patrick Kroll / Twitter

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Elodie Schwartz

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