Politique culturelle
La France veut d’incroyables talents !

La France veut d’incroyables talents !

12 décembre 2013 | PAR Camille Pettineo

Anne Lauvergeon, Arnaud Montebourg, Fleur Pellerin lancent un concours mondial d’innovation, avec 300 millions d’euros financés par la Banque publique d’investissement. Le but : attirer les talents du monde entier et les aider à réaliser leurs projets du moment que ceux-ci se font en France !

Un outil de plus au service de la politique industrielle de la France

« En matière d’innovation, nous ne sommes que 11e sur les 28 pays européens. Ce n’est pas notre rang, ça ne doit pas être notre place dans les prochaines années […] L’innovation, c’est la croissance de demain, c’est ce qui permet de changer la donne. »

François Hollande, le 2 décembre 2013

Cette déclaration du Président fait écho à la politique menée depuis près de 19 mois par le gouvernement, et qui a donné naissance à trois chantiers. En effet, l’ambition première est de restaurer la compétitivité à l’aide du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, adopté à la suite des 22 mesures du rapport Gallois. Puis, il s’agit de structurer l’industrie par les contrats de filière et les 34 plans de reconquête industrielle. Enfin, la France a besoin de renforcer son attractivité. Ce dernier chantier donnera lieu à un Conseil de l’attractivité en février 2014, pour réfléchir au cadre fiscal, aux visas, à la marque France, au tourisme…


Des ambitions calibrées pour un concours ambitieux

Pour ce faire ils font appel à une femme d’expérience : Anne Lauvergeon. Ancienne représentante personnelle du président François Mitterrand, elle prend la tête de la Cogema en 1999. Elle transformera le groupe nucléaire public sous le nom d’Areva et sera présidente du directoire de 2001 à 2011. En avril 2013, c’est le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault qui sollicite ses services pour présider la commission sur l’« Innovation 2030 ».

Un objectif clair : faire émerger les talents et futurs champions dont les projets d’innovation présentent un potentiel particulièrement fort pour l’économie française. Pour ce faire, le concours est doté de 300 millions d’euros pour cofinancer les projets retenus. Mais il ne s’agit pas d’adopter une vision ethnocentrée puisque cette commission porte son regard sur les grands besoins mondiaux et les principaux enjeux du monde d’ici 2030. Elle a ainsi identifié sept ambitions qui reposent sur des attentes sociétales fortes et des secteurs en croissance. Ainsi, les projets d’entreprise déposés dans le cadre du Concours mondial d’innovation devront impérativement s’inscrire dans l’une des ambitions suivantes :

• Le stockage de l’énergie : car c’est un élément indispensable de la réussite de toute transition énergétique, et que la France présente de réels atouts grâce à de grandes et petites entreprises bien positionnées sur ce sujet.

• Le recyclage des métaux rares : pour pallier le problème de la raréfaction des métaux mais aussi les enjeux de protection de l’environnement.

• La valorisation des richesses marines : « La France dispose de l’une des plus importantes zones exclusives d’exploitation marine ainsi que d’entreprises et organismes de recherche très compétents sur ce sujet », selon le site du gouvernement.

• Les protéines végétales et la chimie du végétal : Il s’agit cette fois de répondre à la croissance de la demande alimentaire mondiale puisque nous savons d’ores et déjà que le secteur de l’élevage ne pourra à lui seul la satisfaire.

• La médecine individualisée : l’objectif est cette fois de faire émerger une médecine de plus en plus personnalisée, porteuse d’une plus grande efficacité collective et individuelle, avec des traitements adaptés.

• La Silver économie, l’innovation au service de la longévité : « D’ici 15 ans, 1,2 milliard d’habitants auront plus de 60 ans dans le monde. Les seniors assureront la majorité des dépenses en France. Or, ils expriment des besoins spécifiques. Une économie nouvelle se développera, répondant, entre autres, à la perte d’autonomie », selon le site du gouvernement.

• La valorisation des données massives (Big Data) : l’École française de mathématiques et de statistiques est une des meilleures au monde, selon le communiqué du gouvernement. L’enjeu réside dans la multiplication des données créées par les particuliers, les entreprises et les pouvoirs publics. L’objectif sera alors d’anticiper ou de créer de nouveaux usages pour gagner en productivité.


Une procédure en trois temps

Chaque membre de la Commission Lauvergeon sélectionnera les projets en suivant une procédure en trois phases. D’ici fin 2013, début 2014, une centaine de projets seront sélectionnés en amont de leur développement. Les projets d’entreprise sélectionnés entre autres selon leur degré d’innovation recevront une aide financière sous forme de subventions pouvant atteindre 200 000 euros par projet. Puis, à compter du 1er Septembre 2014, il s’agira d’accompagner le développement d’une trentaine de projets jugés prometteurs. Ceux-là bénéficieront d’une somme pouvant atteindre 2 millions d’euros chacun. Enfin, dès 2016, la commission se lance le défi de soutenir l’industrialisation d’un ou deux projets considérés comme les plus innovants dans chacune des sept ambitions. Ces derniers recevront alors jusqu’à 20 millions d’euros chacun.

Voilà un très vaste projet, dans une situation économique, politique et sociale de plus en plus périlleuse pour le gouvernement. On ne peut que saluer l’idée, bien que les échéances nous fassent bizarrement miroiter l’horizon des élections 2017… Affaire à suivre donc.

Camille Pettineo

Visuel : © Présidence de la République – P.Segrette, site de l’Élysée

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Camille Pettineo

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