Politique culturelle

Journée du patrimoine : dans les sous-sols de Gaumont

Journée du patrimoine : dans les sous-sols de Gaumont

17 septembre 2014 | PAR Megane Mahieu

Pour les journées du patrimoine, le Musée Gaumont ouvre exceptionnellement ses portes. Toute la Culture s’est rendu dans les sous-sols de la plus ancienne société cinématographique. 

C’est d’abord une odeur, agréable, celle des vieux livres, du bois et des tapis, qui se dégage de ce sous-sol laissant présager la découverte de trésors enfouis du cinéma.

Le Musée Gaumont n’est normalement qu’accessible aux chercheurs et professionnels du cinéma. Cet espace hybride est d’ordinaire réservé aux employés de la section conservation qui en ont fait leur bureau, dont Corine Faugeron qui fut ici notre guide passionnée et passionnante.
Sa profonde connaissance de l’histoire de la société Gaumont et de chaque objet présenté sauve, il faut l’avouer, une scénographie un brin décevante.

En effet, la disposition traduit quelque peu la difficulté de mettre en perspective le thème de cette année « Patrimoine naturel, patrimoine culturel ». Le Musée Gaumont a opté pour « le parcours de la marguerite », en hommage au logo de la société. Pour ce lien entre la nature et le cinéma, le musée met notamment à l’honneur un de ces plus grands succès, Le Grand Bleu de Besson, via une grande vitrine qui lui est consacré, mais aussi quelques affiches de cinéma (dont la très belle affiche Belle-Epoque du Printemps ou celle plus drôle de Ma Vache et moi avec Buster Keaton), des films d’archives très rares etc.

Règne une certaine inégalité dans les vitrines, la très belle lettre de Jean Cocteau à Marcel Pagnol au sujet de La Belle et la Bête nous captive bien plus que la vitrine voisine dédiée à la déclinaison des marguerites, emblème de la société. La thématique semble donc trop large pour sélectionner parmi 117 ans d’archives et d’objets de collections, la faute aussi sans doute à l’architecture du lieu qui ne permet pas un déploiement conséquent.

Des appareils rares (telle que le fameux « Bloc-Note », appareil photo phare de la société, les radios de collection de début du siècle conçues par Gaumont) émerveilleront sans doute les aficionados mais pourront laisser de marbre les autres. Quoiqu’il en soit, on aimerait en voir plus de ces importantes collections Gaumont (en tout : 9929 affiches, 331 appareils et accessoires, 204123 photos, 2739 scénarios, 815 occurrences).

Au musée Gaumont, pas de force rayonnante comme au Musée du cinéma de la Cinémathèque Française, l’espace étant vraiment adapté à la visite du public, mais un côté caverne d’Ali-Baba où le visiteur jouit d’une proximité inédite avec les pièces (surtout des costumes et des accessoires) issus des productions de la société. Cette contiguïté fait à la fois la force et la faiblesse de la présentation : ainsi le fameux costume de Leeloo (Milla Jovovich dans Le 5ème élément) posé sur un simple portant perd de son aura fantasmatique. Une vraie question se pose : le cinéma doit-il rester sous les auspices du fantasme, par exemple par une présentation magnifiée de ces objets, même lorsqu’il dévoile ses machineries ?

Une vieille affiche Gaumont clamait, au temps où les forains était les plus nombreux à utiliser le cinématographe, « le cinéma sort de la foire ». Ici le cinéma sort de son écran, nous ravissant tout autant qu’il laisse nous laisse un goût d’inachevé.

 

Visuels : ©Gaumont

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Megane Mahieu

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