Politique culturelle

Hommage à Aimé Césaire au Panthéon

Hommage à Aimé Césaire au Panthéon

10 janvier 2011 | PAR Benoit Dabout

Aimé Césaire, poète et homme politique français est né à Basse-Pointe le 26 juin 1913, il meurt le 17 avril 2008 à Fort de France. Il est l’un des fondateurs du mouvement littéraire de la Négritude. A l’occasion de la visite du Président français en Martinique, l’Élysée a annoncé un hommage national en avril en son honneur. Une plaque commémorative sera scellée au Panthéon.

« Notre doctrine, notre idée secrète, c’était : ‘Nègre je suis et Nègre je resterai.’ Il y avait dans cette idée, l’idée d’une spécificité africaine, d’une spécificité noire. » Ces paroles résument le combat mené par Aimé Césaire pour l’émancipation des noirs.Père fondateur de la « négritude », courant littéraire créé par des étudiants noirs de Paris, Aimé Césaire a su exprimer dans une langue saisissante une pensée politique qui est devenue universelle. La négritude est un réel courant politique qui se bat contre le colonialisme et l’impérialisme occidental.

La prise de conscience

Aimé Césaire est le fils d’un enseignant et d’une couturière. Son grand-père fut le premier enseignant noir de la Martinique et sa grand-mère était une des rares femmes de sa génération à savoir lire et écrire. Il grandi avec le savoir. En 1931 il obtient une bourse du gouvernement et entre en classe d’hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand. Il rencontre Léopold Sédar Senghor avec qui il se lie d’amitié jusqu’à sa mort. Au contact  d’étudiants africains à Paris, il prend conscience que le racisme qu’il subit résulte de la politique de colonisation française en Afrique et Outre-Mer . En 1934, il fonde le journal L’étudiant noir avec Léon Gontran Damas, Guy Tirolien, Léopold Sédar Senghor et Birago Diop. C’est ici que le terme de « Négritude » apparaît pour la première fois. Ce concept a pour but de promouvoir l’Afrique et sa culture. Humaniste, il déclare : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ». En 1935, il entre à l’École Normale Supérieure. En 1936 il commence à écrire le Cahier d’un retour au pays natal (qu’il achève en 1938) et lit l’Histoire de la civilisation africaine de Frobenius. En 1937 il épouse Suzanne Roussi et sort de l’Ecole en 1938 avec un mémoire sur Le Thème du Sud dans la littérature négro-américaine des USA.

Agrégé de lettres, Aimé Césaire rentre avec sa femme en 1939 à la Martinique. Il enseigne au lycée Schœlcher.

La Martinique pendant la Seconde Guerre Mondiale

Encore sous domination française , la Martinique connait une crise culturelle importante à la fin des années 30. Les élites donnent leurs priorités aux références de la métropole. Face à cette situation, Aimé Césaire et sa femme fondent en 1941 la revue Tropique. Des intellectuels comme René Ménil, Georges Gratiant et Aristide Maugée sont aussi à l’origine du projet. Face au régime de Vichy, les alliés organisent un blocus de l’île.  L’Amiral Robert, envoyé par le gouvernement français, instaure un régime raciste. Les békés (fils de colons) remplacent les élus de couleurs. La censure n’échappe pas à la revue d’Aimé Césaire. Elle paraîtra tout de même jusqu’en 1943.

André Breton, poète surréaliste, rencontre Césaire en 1941 alors qu’il est de passage sur l’île. Il y découvre sa poésie et rédige en 1943 la préface de l’édition bilingue du Cahier d’un retour au pays natal et en 1944 du recueil Les armes miraculeuses où Césaire rejoint le mouvement surréaliste. Devenu « le nègre fondamental », il influence des auteurs comme Daniel Maximin, Frantz Fanon ou Edouard Glissant. De nombreux intellectuels africains et afro-américains s’inspirent aussi du poète martiniquais.

1945, l’entré en politique

Il devient maire de Fort-de-France (1945-2001) et député (1945-1993) avec l’aide du Parti Communiste. En raison de la situation économique de l’île, il obtient la départementalisation de la Martinique en 1946. Les mouvements de gauche, plutôt pour l’indépendance, sont dans l’incompréhension. Pour Césaire, c’est l’occasion de se libérer de l’impérialisme des békés et de permettre le développement social et économique de la Martinique. En 1947, il créé la revue Présence africaine avec Alioune Diop et en 1948, paraît l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache sur le mouvement de la « négritude ». Jean-Paul Sartre y fait la préface.

En désaccord avec le PCF, il le quitte en 1956 et le Parti Progressiste martiniquais (PPM) est né. Il revendique l’autonomie de la Martinique. De 1958 à 1978 il siège à l’Assemblée Nationale sans étiquette puis en tant que socialiste de 1978 à 1993. Il se retire de la vie politique en 2001 après 56 années passées à la mairie de Fort-de-France. L’exode rural provoqué par la perte de vitesse de l’industrie sucrière ainsi que l’amélioration des conditions sanitaires sont les causes du développement de la capitale martiniquaise. Aimé Césaire créa aussi le Festival de Fort-de-France qui redonne ses lettres de noblesse à la culture martiniquaise.

Après avoir consacré sa vie à l’émergence de la culture noire, Aimé Césaire meurt le 17 avril 2008 à l’âge de 94 ans au CHU Pierre Zobda Quitman de Fort-de-France. Quatre jours plus tard, il eut les obsèques nationaux.

A l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy sur l’île de la Martinique, ce dernier s’est rendu au domicile de la sœur du poète, Mireille Millou. Il lui demanda son accord pour faire l’hommage d’Aimé Césaire au Panthéon.

Lors de la cérémonie, une plaque sera scellée pour marquer la reconnaissance de la France envers le poète et homme politique Aimé Césaire. Le corps restera en Martinique, tel était la volonté d’Aimé Césaire.

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Benoit Dabout

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