Politique culturelle
Forum d’Avignon : Aurélie Filippetti prône le redressement artistique

Forum d’Avignon : Aurélie Filippetti prône le redressement artistique

15 novembre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La cinquième édition du forum d’Avignon s’est ouverte aujourd’hui en deux lieux, la collection Lambert et la salle du Conclave du Palais des Papes. En guest, Aurélie Filippetti est venue dans un long discours donner ses « Raisons d’espérer », thème de l’édition 2012.

Du 15 au 17 novembre la Cité des Papes vit au rythme de la culture, dans une ambiance plus studieuse que pendant le Festival. Hommes d’affaires cravatés, people, parlementaires et universitaires sont là, dans la ville bien gardée par les services d’ordres de chacune des personnalités.

Acte symbolique, c’est chez Yvon Lambert que le Forum a commencé. Symbole car il vient de donner à la ville sa collection et que le musée s’apprête à déborder juste en face, dans l’hôtel de Caumont. Plus que jamais, Avignon se place comme une plaque tournante dans l’art contemporain, symbole, dans les mots d’Hervé Digne, vice-président du forum « de la conjugaison des acteurs privés et de l’action publique au service de la collectivité nationale ». Symbolique encore, c’est dans la salle Serrano, dont le travail a été saccagé en  ce même lieu que l’inauguration est lancée. Mircea Cantor a performé, allumant de son feu éphémère le désormais célèbre « Sic transit gloria mundi ».

Cette phrase là, les papes l’ont prononcée en leur temps dans la salle qui accueille maintenant les participants.  C’est dans la salle d’élection, celle du conclave, que se sont succédées à un rythme effréné plusieurs interventions.

 

Ce « Lab » rassemble  sept innovations à la frontière de la culture et de la technologie.

On garde avec nous Candide qui devient une très belle application Ipad par l’entremise d’ Armelle Pasco, Directeur associé et David Lacombled Directeur de la stratégie du contenu, Orange (France), la réalité augmentée de Jean-François Chianetta, qui  a transporté le David de Michel Ange dans la salle du conclave et la folie du violoniste Peter Gregson qui a imaginé un moyen de transformer les fils Twitter des participants au Forum d’Avignon en une musique reflétant leur humeur collective. “The listening machine”, bluffant.

Mais le grand coup de coeur est adressé à Itay Talgam. Le  chef d’orchestre n’a pas parlé des nouvelles « techno » mais du sens du mot « pouvoir ». En analysant trois façons de diriger un orchestre, il prouve que pour diriger, il faut de l’élégance et en aucun cas de la tyrannie. La preuve, la salle a applaudi d’une seule voix la vidéo de Léonard Berstein, le chef d’orchestre sans baguette. La oui, on se prend à espérer !


Mais la grande attente de la soirée se portait sur la venue d’
Aurélie Filippetti.

En nouvelle ministre, elle a affirmé de façon aussi claire que rare la posture économique de la culture : « La conviction profonde qui m’anime, que je m‘emploie à mettre en oeuvre depuis six mois, est qu’il est indispensable de redonner un sens politique à la culture ». Elle a prouvé que la culture n’est pas une « danseuse » à l’aide de chiffres clés : C’est bien l’ampleur et la qualité de l’offre culturelle qui placent la France au premier rang des destinations touristiques puisque 80% des visiteurs étrangers viennent chez nous pour la découvrir, générant 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. »

La culture doit être vue comme un secteur d’innovation et de création d’emploi. Un chiffre qui donne les raisons d’espérer : « 75% des jeunes diplômés sont embauchés dès la première année qui suit l’obtention de leur diplôme ».

Dans un mea culpa à peine déguisé elle a expliqué l’arrêt des grands travaux par l’idée qu’il fallait pérenniser ce qui vivait déjà.

Son discours apparaît comme une clé de compréhension de son action. En affirmant comme rarement que la culture est le seul dénominateur commun à tous les champs économiques, la ministre a adopté une position ferme, ne lâchant pas sur le terrain du mécénat dont elle souhaite conserver le meilleur attrait. Son discours fut aussi celui de la protection vis à vis de la presse en ligne menacée par les agrégateurs de flux. Elle souhaite les faire payer.

Elle a ensuite participé au débat « Imaginer la culture : créations et créateurs » avec Françoise Benhamou et le cinéaste Amos Gitai.

 

Bon plan, il est possible de suivre les débats en direct ici.

 

Visuel : (c) ABN

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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