Politique culturelle
Fleur Pellerin dévoile ses 4 stratégies nationales pour l’architecture

Fleur Pellerin dévoile ses 4 stratégies nationales pour l’architecture

10 juillet 2015 | PAR Elodie Schwartz

La ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, après s’être vue remettre le rapport établi par les trois groupes de travail chargés d’animer la réflexion sur la « stratégie nationale pour l’architecture », a fait part des quatre grandes décisions qui retenaient le plus son attention. Les voici.

Après cinq mois de travail, animateurs et rapporteurs des groupes de travail, convoqués en février dernier par Fleur Pellerin dans le but de poser les bases d’une stratégie nationale pour l’architecture, ont remis leur rapport à la ministre de la Culture, mardi 7 juillet 2015. Dans ce dernier, Frédéric Bonnet, Grand Prix national de l’urbanisme, Marc Barani et Paul Chemetov, Grands Prix nationaux de l’architecture, en lien avec Boris Bouchet, Marie Zawistowski et Lucie Niney, lauréats des albums des jeunes architectes et paysagiste 2014 ainsi que Paul Chantereau de l’association Bellastock ont présenté leur objectif : « changer le rapport de notre société à l’architecture et réussir l’excellence ordinaire dans les espaces du quotidien » explique le site Culturecommunication.gouv.fr dans un communiqué.

Développer, renforcer, soutenir, favoriser

Convaincue du potentiel des recherches des groupes, Fleur Pellerin a tenu à souligner la « très grande qualité de leur travail » et n’a pas hésité à préciser qu’elles étaient les quatre grandes directions du projet ayant retenu son attention. Parmi elles : développer la sensibilisation et la formation à l’architecture du grand public et de l’ensemble des acteurs publics et privés de la construction ; renforcer la reconnaissance du patrimoine architectural des XXe et XXIe siècles et développer la capacité d’intervention architecturale sur la transformation du cadre bâti existant ; soutenir la démarche expérimentale et encourager les passerelles entre univers professionnels, en lien avec la recherche et enfin favoriser une nouvelle structuration de la profession. Ces orientations, précise Le Moniteur, font écho au projet de loi « Liberté de création, architecture et patrimoine« .

Une culture partagée du bien construit

Les travaux menés par les groupes de travail chargés d’animer la réflexion sur la stratégie nationale pour l’architecture invitent à réinterroger les fondamentaux d’une architecture de proximité qui doit être accessible à tous. De plus, leur rapport précise que l’architecture est un puissant facteur de stimulation pour l’innovation ainsi qu’une garantie pour un cadre de vie meilleur et de qualité qui s’inscrit dans une approche économe et durable. Il est donc primordial pour eux de développer la capacité d’intervention architecturale sur le bâti existant, de renforcer l’ancrage scientifique et territorial de la formation des architectes, de structurer la profession et d’accompagner les jeunes professionnels dans le but de construire une « culture partagée du bien construit ». Les auteurs invitent en effet à poser un regard nouveau sur la valeur économique et culturelle de l’architecture pour « retrouver confiance et transparence dans l’acte de construire. » « L’attente dépasse la seule profession des architectes et concerne plus largement le « vivre ensemble » de tous nos concitoyens. » précise le site de Nancy Architecture.

Améliorer le respect de la notion du patrimoine mondial

La conclusion de ce rapport visant l’amélioration du cadre de vie consiste en un « plaidoyer, en trente six propositions, pour une création architecturale du quotidien au service d’un aménagement durable du territoire ». Selon Fleur Pellerin, le but est de « réaffirmer la valeur ajoutée de l’architecture pour la société et celle de la profession d’architecte dans l’économie de la construction et de la création, en France et sur le plan international mais aussi de conforter le rôle citoyen de l’architecture au service de tous », rapporte Le Monde. Concrètement, si ces stratégies nationales pour l’architecture faisant écho au projet de loi « Liberté de création, architecture et patrimoine » sont adoptées par le Gouvernement, des « zones d’expérimentation architecturale » pourraient par exemple être lancées en ville ainsi qu’une labellisation des constructions architecturales dites « remarquables » du XXe et XXIème, qui n’étant pour le moment pas reconnues comme monuments historiques peuvent être « modifiées voir détruire sans consultation en amont des services de protection », explique France Info.

A noter que les réflexions sur ces stratégies se poursuivront avec des professionnels. Ce n’est qu’en septembre que la ministre de la Culture présentera les premières mesures retenues par l’Assemblée Nationale, puisque ces dernières doivent d’abord faire l’objet de travaux interministériels. Elles constitueront enfin le socle de la stratégie nationale pour l’architecture faisant lien avec les différentes politiques économiques, urbaines, écologiques et d’aménagement du territoire.

Visuel : © Wikipédia / Flick Creative Commons

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