Politique culturelle

[Festival d’Avignon] Bilan du 68e festival : « Pendant 3 semaines nous vivons Avignon comme une utopie »

[Festival d’Avignon] Bilan du 68e festival : « Pendant 3 semaines nous vivons Avignon comme une utopie »

26 juillet 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le 68e festival d’Avignon fermera ses portes demain. Olivier Py est revenu sur cette première édition en tant que directeur. Et c’est un directeur fatigué qui s’est présenté lors de la conférence de presse de clôture, ouverte, comme il en est la tradition, au public.

« Je rêvais d’un festival politique je l’ai eu.
Je rêvais d’un lieu de débat, et je l’ai eu »

Le directeur est d’abord metteur en scène et acteur, il a le sens de la formule et du verbe et dès ses premiers mots il cite celui dont il se veut l’héritier : Vilar. Le créateur du festival avait, Py le rappelle, vu le lieu comme celui du dialogue.

Un festival monde

Cela avait été annoncé lors de l’avant-programme et cela a été fait. On a vu cette année, chose totalement neuve, des artistes venus de pays généralement absents du Festival d’Avignon : la Syrie, Israël, La Grèce, Le Chili, la Palestine…Olivier Py a eu l’envie et cela a été une joie avec notamment le travail de Marco Layera, de montrer des oeuvres qui donnent des nouvelles du pays où elles se trouvent.

Des formes plurielles

Olivier Py l’affirme : « Je voulais de la pluridisciplinarité », mais les amateurs de fortes radicalités n’ont été servis qu’à la fin du festival. Il aura fallu attendre le théâtre d’images de Fabrice Murgia, le verbe déjanté et musical de Dimitris Dimitriadis, les corps sans peau de Julie Nioche. Le texte a fait un retour étouffant comme dans Henri VI ou Mai Juin Juillet, ou encore le bas de gamme Othello Variation. Sur ce dernier point, le directeur du festival est en total désaccord avec nous. Lui, qui « rêvait d’un festival qui soit toujours un questionnement de la démocratie se dit heureux de la présence d’Othello: je trouvais que l’on touchait là une certaine idée de la démocratie », Chacun son avis.

Une circulation de la pensée

« Je voulais qu’Avignon ajoute à sa pluridisciplinarité de la pensée ». Là encore, on doute. Si 124 débats, rencontres et projections ont eu lieu, et si le public s’est montré présent, il n’était pas aussi nombreux que les années précédentes en raison de changements de lieux : le cloître saint Louis a été dédié cette année aux rencontres professionnelles et le public décalé dans la très jolie cour de l’Université de Science, loin de la billetterie et de administration. Un point qu’il faudra revoir en 2015.

Un festival nourri et entaché par les grèves ( et la pluie !)

Les chiffres ne sont pas bons et sont inquiétants pour 2015.
131000 places ont été vendues. Les 57 spectacles ont eu lieu.
Mais : la jauge a baissé de 10000 spectateurs en raison des grèves et des orages furieux, ce qui correspond à une perte de 300000 euros.
Effrayé, le public national et international a boudé le festival mais ce manque a été rattrapé par un public régional qui a répondu présent.
Concernant les grèves. Olivier Py a salué les salariés du Festival qui ont laissé jouer les spectacles et regrette que la coordination nommée par l’Etat cesse ses travaux en août.

Olivier Py l’affirme dans un relent très 2003 « si l’état ne prend pas ses responsabilités nous devrons choisir entre la programmation, la création et l’action sociale ».

Il conclut sur une grande phrase : « Pendant 3 semaines nous vivons Avignon comme une utopie ».

Trois semaines, enfin presque quatre puisqu’on a vu cette année le Festival être augmenté d’un weekend qui s’avère salutaire. Olivier Py se dit heureux de cette harmonisation entre le « In » et le Off.

En 2015

C’est en septembre que les premiers noms sortirons pour la soixante-neuvième édition. Les noms de Murgia frère et Laurent Hatat se murmurent, mais rien n’est sur. Nous l’interrogeons sur la possibilité d’intégrer un fil conducteur au festival 2015, en rappelant que ses prédécesseurs depuis Bernard Faivre d’Arcier ont instauré cela pour donner du liant à une programmation imposante. Il répond : « Je pense qu’il y avait des fils cette année : les pays et la jeunesse, mais il faut des fils rouges pour que la programmation ne soit pas un catalogue.

L’idée d’un festival plus moderne se profile donc pour 2015 avec notamment une réalisation plus pleine du projet de FabricA numérique.

Retrouvez le dossier Festival d’Avignon 2014 de la rédaction

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

3 thoughts on “[Festival d’Avignon] Bilan du 68e festival : « Pendant 3 semaines nous vivons Avignon comme une utopie »”

Commentaire(s)

  • thbi

    quelle honte ce mr py qui crache sur tout le fn, les manifestants
    on est en 2014 jimagine les memes personnages en 41
    h)

    juillet 26, 2014 at 21 h 36 min

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