Politique culturelle

CNC: polémique autour du changement de présidence

CNC: polémique autour du changement de présidence

12 juillet 2019 | PAR Anna Geslin

Alors que le mandat de l’actuelle présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), Frédérique Bredin, arrive à terme, la possible nomination du producteur Dominique Boutonnat dérange les professionnels du cinéma…

A la tête du CNC, une femme : Frédérique Bredin, 62 ans, ancienne étudiante à l’ENA, ministre de la Jeunesse et des Sports de 1991 à 1993, présidente du CNC de 2013 à 2019. Après deux mandats à la tête de cette grosse machine, elle se dit prête à laisser sa place, d’autant plus que les nouveaux rapports Magne et Riester qui guettent le monde du cinéma, n’ont pas ses faveurs. En effet le 27 juin sur FranceInfo, elle exprimait son désaccord au sujet du rapport Magne qui pourrait « casser l’exception culturelle française ».  Depuis, un nom revient sur toutes les bouches, celui de Dominique Boutonnat. Ce producteur de films – pour en citer quelques-uns: l’Arnacoeur, Intouchables, Polisse – ne fait clairement pas l’unanimité chez les professionnels du monde du cinéma. Et pour cause, son nom est associé au MacronLeaks dans lequel il y figure comme l’un des grands soutiens et donateurs du président lors de la campagne présidentielle de 2016. 

Dans une Tribune à Libération, plusieurs cinéastes français comme Jacques Audiard, Nicole Garcia ou Mathieu Amalric, s’opposent à cette nouvelle nomination. Ils remettent d’abord en cause sa relation avec Emmanuel Macron, et notamment son soutien financier lors de la campagne. Ils pointent également du doigt deux de ses rapports. Le premier intitulé le financement privé de la production et de la distribution cinématographiques et audiovisuelles, dans lequel « il préconise, entre autres, de maintenir et améliorer le dispositif des Sofica. » Le second  portant sur les « relations entre les producteurs et les éditeurs de contenus audiovisuels », qui selon Libération n’est pas rendu public à ce jour. Au travers de ses rapports, c’est surtout ses objectifs de rentabilité qui dérangent une partie des cinéastes français. Ils craignent notamment que Boutonnat s’installe dans une logique commerciale, quitte à sacrifier la créativité… 

 

© Visuel : Frédérique Bredin, Wikipédia.

 

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Anna Geslin

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