Politique culturelle
Chine : L’artiste Ai Weiwei enfin libre de voyager

Chine : L’artiste Ai Weiwei enfin libre de voyager

23 juillet 2015 | PAR Elodie Schwartz

Le contestataire artiste chinois Ai Weiwei a récupéré son passeport que lui avait confisqué la police de Pékin il y a quatre ans, à l’issue de 81 jours de détention. Il peut de nouveau voyager…

Les autorités de Pékin ont restitué mercredi à Ai Weiwei le passeport qu’elles lui avaient confisqué il y a plus de quatre ans à l’issue de 81 jours de détention. L’artiste chinois de 58 ans, mondialement connu pour ses œuvres contestataires, a précisé à l’agence Reuters que la police du Bureau des sorties et des entrées de la capitale lui avait téléphoné dans la matinée du 22 juillet pour qu’il vienne récupérer le document qu’il a désormais entre les mains, rapporte Dazed. Ai Weiwei peut donc légalement quitter la Chine et à nouveau voyager, à condition d’obtenir les visas nécessaires de la part d’autres pays. Selon L’Obs, l’artiste souhaiterait « se rendre rapidement en Allemagne pour voir son fils, qui vit à Berlin depuis onze mois ».

Des fleurs pour protester

En 2011, Ai Weiwei avait été emprisonné 81 jours en Chine sans aucune raison officielle et était maintenu à l’isolement. Une détention qui avait soulevé une vague d’indignation internationale. En Occident, ses sympathisants avaient en effet appelé les gouvernements à faire du lobby auprès de la Chine pour qu’elle lui rende son passeport. Le dissident n’avait pas pu donner des cours prévus ou participer à des expositions en Allemagne, aux États-Unis et en Angleterre. La justice l’avait ensuite accusé d‘évasion fiscale et condamné à verser 2,4 millions de dollars. Selon l’artiste, cette accusation était liée à ses critiques contre le gouvernement, mais il l’a toujours rejetée. En novembre 2013, Ai Weiwei avait commencé à protester contre son interdiction de voyager en déposant chaque jour des fleurs dans le panier d’une bicyclette devant son studio et domicile de Pékin. Mercredi, date à laquelle son passeport lui a été remis, cela faisait 600 jours.

Libre comme l’air

Comme le rapporte Les Echos, « la police n’a pas donné de conditions à la restitution du document de Ai Weiwei ». Elle n’a pas non plus adressé de mise en garde envers l’artiste. « Ce n’est pas une surprise parce que cela fait de nombreuses années qu’ils promettent de me le rendre » aurait-t-il déclaré. « Ils n’avaient jamais dit qu’ils ne me le rendraient pas, sauf que ça a traîné pendant quatre ans ». Ai Weiwei aurait également affirmé que la surveillance des autorités s’était considérablement réduite ces derniers temps et il se serait dit confiant de pouvoir retourner en Chine en cas de déplacement à l’étranger.

Visuels : © Wikipédia / Capture d’écran Instagram

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