Politique culturelle

Budget 2018 : Trump supprime la Culture

Budget 2018 : Trump supprime la Culture

20 mars 2017 | PAR Laetitia Zicavo

Jamais à court d’idées pour réduire les dépenses, Donald Trump s’attaque à présent à la culture. Le président des Etats-Unis souhaite ainsi honorer une de ses promesses de campagne : la suppression totale du budget fédéral consacré au milieu de l’art, aux chaines de télévision et aux radios publiques. 

Le couperet est tombé jeudi dernier. Dans son « America First, a budget blueprint to make America great again« , un plan budgétaire élaboré par l’administration Trump, le budget alloué à la culture a tout simplement disparu. Dix-neuf agences culturelles sont ainsi privées de fonds publics au niveau fédéral. Cette initiative ne semble pourtant pas la plus urgente puisque le pourcentage du budget annuel consacré au domaine culturel est insignifiant, c’est-à-dire approximativement 1 milliard de dollars sur 1000 milliards au total. Cette aide minime à l’échelle des Etats-Unis, mais si précieuse à l’échelle d’une entreprise culturelle, pourrait avoir des conséquences désastreuses.

Un accès réduit à la télévision publique

Des conséquences sociales d’abord. Le gouvernement Trump, en supprimant les financements fédéraux, réduit les possibilités d’accès aux chaines publiques pour la population, notamment les plus démunis. De nombreuses chaines publiques ainsi que des radios locales sont en danger et risquent la fermeture si toute aide est effectivement supprimée. Une étude commandée par le Corporation for Public Broadcasting (CPB), qui finance les chaines publique, et réalisée en 2012 montre bien que la télévision publique ainsi que des programmes éducatifs pour la jeunesse deviendraient inaccessibles. Pour tous ceux qui n’auraient pas les moyens de s’offrir le satellite ou le câble, l’accès aux programmes audiovisuels n’est plus garanti, ce qui représente les médias les plus populaires grâce auxquels toute la population peut s’informer facilement.

L’inquiétude des petites structures artistiques

La profession culturelle est de plus en plus inquiète face aux mesures drastiques du président. Les fonds fédéraux sont aussi d’une grande importance pour les entreprises liées aux initiatives locales. Les grands ensembles comme les théâtres de grandes villes et les grands musées par exemple, ne sont pas les plus directement concernés, puisqu’ils peuvent compter sur des investisseurs privés qui représentent la majorité de leur budget. Les plus inquiétés par la suppression des fonds, ce sont les initiatives locales, finalement les moins coûteuses.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Des associations culturelles, telles que l’Association for the Arts, se mobilisent face au projet du gouvernement. Le président de cette association, Robert Lynch, a d’ailleurs rappelé que « Le président Trump est le premier président américain à faire cette proposition » [NDR: propos traduits de l’anglais].

« Le maigre budget proposé par Trump supprime le financement de la National Endowment for the Arts (Fond National pour les Arts). Dites à votre député que nous avons besoin sauver la NEA » [Propos traduits]

Privilégier la défense

La lecture du budget est claire : le président souhaite avant tout mettre l’accent sur la défense et renforcer la sécurité intérieure. S’il supprime tout financement culturel, le gouvernement augmente les fonds militaires.

« Un budget qui place l’Amérique d’abord doit faire de la sécurité sa priorité numéro 1 _ sans sécurité, il ne peut y avoir de prospérité » [Propos traduits]

Ne pas oublier de mentionner aussi les autres coupes budgétaires prévues par le président des Etats-Unis, à savoir dans les domaines de l’Environnement, l’Education et la Santé. Si le texte doit encore être validé le Congrès, il ne fait aucun doute que les deux chambres qui le composent, à majorité républicaine, valideront le nouveau budget.

Visuels : © Official White House Photo by Paul D. Williams

© Official White House Photo by Shealah Craighead

Décès de l’immense chorégraphe Trisha Brown
Nu comme un oiseau déplumé, Jean-Luc Verna danse et fait danser à la ménagerie de Verre
Laetitia Zicavo

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *