Politique culturelle
Avignon : La part culturelle de la French Tech

Avignon : La part culturelle de la French Tech

18 août 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Au cœur de la chaleur du Festival d’Avignon a eu lieu un événement de politique culturelle qui a son importance. L’Etat a labellisé French Tech Culture, une machine de guerre numérique qui fait le pont entre l’économie et la culture.

Une naissance avignonnaise

Emmanuel Macron et Fleur Pellerin avaient fait le déplacement pour officialiser ce joli mariage. Comme dans toute cérémonie d’union, il est bon de rappeler le temps de la rencontre. Le point de départ se fut la Fabrica Numérique. Nous sommes en 2014 et Pascal Keiser alors coordinateur du projet nous explique qu’il s’agit ici d’offrir un rayonnement national qui partira d’un développement local. Autour de ce premier pas, on trouve l’antenne vauclusienne de Terra Nova, emmenée par Jean-François Cesarini et Pierre Magny, présidents et Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon. Plus d’une année après, la relation dépasse toute espérance.
La French Tech Culture est présidée par Paul Hermelin, l’actuel directeur de Cap Gémini, enfant du pays très impliqué dans le projet. C’est lui qui rappellera les fondamentaux : « French Tech Culture c’est à la fois un accélérateur de star-up, un living Lab et un outil de formation. 2 millions de personnes viennent dans la région pour des événements culturels. La culture pour nous c’est tout l’art de vivre ».
La French Tech Culture prend naissance à Avignon pour rayonner sur un large territoire : c’est notamment deux régions (PACA et Languedoc Roussillon), huit agglomérations (Le Grand Avignon, Nîmes Métropole, Arles, Carpentras, Lourmarin, Apt, Vaison La Romaine et l’agglomération du Gard rhodanien), trois Chambres de Commerce et d’Industrie, 1200 entreprises numériques, 8000 km2 d’écosystème numérique. Olivier Py rajoutera : « nous montrons que la culture n’est pas séparée du monde économique ». Pour  Fleur Pellerin,  « le dialogue entre culture et numérique est extrêmement riche » et pour Emmanuel Macron, « la culture est au cœur du numérique (…) personne d’autre qu’Avignon ne pouvait réussir ». Concrètement, qu’est-ce que cela donne ?

Un rayonnement international

L’objectif rappelle Paul Keiser est « d’accompagner 90 star-up ». Les projets ne sont plus isolés, ils sont visibles et entrent directement en relation avec le réel.  Les applications sont directes. Prenons l’ exemple de Theatreinparis.com qui propose des lunettes de réalité augmentée dans lesquelles le surtitrage du spectacle apparaît dans la langue de votre choix.  La région rassemble deux millions de spectateurs français et étrangers. Avec ce système, tout les publics peuvent voir du théâtre dans n’importe quelle langue sans soucis de placement dans la salle ni de limitation ( dans le meilleur des cas) à l’anglais. Les tests ont été réalisés grandeur nature dans le cadre du « Living lab » pendant une représentation du Roi Lear dans la Cour d’Honneur.

Autre star-up au projet déjà très prisé par tous les lieux concernés par le patrimoine : ProductAir. Leur job est de faire des « Prises de vues aériennes par drone ». Par exemple, les images de la captation aérienne par drone de la Cour d’Honneur du Palais des Papes, avant la représentation du Roi Lear ont été diffusées sur France 2 :

Autre exemple, tout bonnement lumineux, celui de la start-up française Oledcomm qui a développé « une technologie de transmission de données par la lumière LED. Le « LIFI » permet de se connecter à internet grâce à la lumière.

L’ampoule LED Lifi Oledcomm : internet par la… par bpifrance

Le label est tout bonnement révolutionnaire car il vient rassembler et structurer des projets qui perdaient en efficacité à être isolé. Le territoire devient alors une force économique majeure via la culture.

Visuel : ©Christophe Raynaud de Lage

« Le Monde » publie une série d’articles non autorisée sur Michel Houellebecq
Attentat de Bangkok : Les touristes visés ?
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *