Politique culturelle

Audrey Pulvar nous parle Nature et Culture

Audrey Pulvar nous parle Nature et Culture

12 septembre 2017 | PAR Sarah Dray

Dans le cadre du festival Climax à Bordeaux, la Présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme a eu la gentillesse de nous accorder une interview. Avec des mots justes et forts, elle nous parle du combat transversal qu’elle souhaite mener à la tête de la Fondation.

Est ce que l’écologie est liée à la culture?
Je dirais plutôt que la culture est liée à l’écologie. Effectivement, toutes ces questions d’écologie, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique, de dégradation de la biodiversité, on a tendance à en parler que d’un point de vue scientifique, et pas en ce qu’ils pourraient inspirer les artistes et les créateurs. On ne se pose pas la question de ce que les artistes et les créateurs ont à nous dire à ce sujet, et on a tort. Il nous faut aussi nous intéresser ce que les artistes ont à nous dire sur les questions d’inégalités, de conséquences du réchauffement du climat etc.

Avez-vous en tête des artistes qui auraient marqué l’engagement écologique?
Le premier qui me vient à l’esprit c’est Bono. Mais pour moi écologie et environnement, questions climatiques ou de biodiversité, ça rime aussi avec lutte contre les inégalités et la précarité. L’action de Bob Geldof par exemple, dans les années 80, avait été particulièrement importante. Des artistes qui s’impliquent dans les combats politiques contre les inégalités, contre le réchauffement climatique, il y a toujours eu. Il a des figures emblématiques comme celles-là, mais la question des inégalités entre femmes et hommes, c’est aussi une question amplifiée par l’urgence climatique, et quand Emma Watson prend la parole, là encore c’est une artiste qui s’empare d’un sujet très important.

Est-ce que les artistes s’engagent assez pour l’avenir de la planète?
Les artistes interrogent la société telle qu’elle est, ils essaient de construire la société d’après, donc à partir du moment où les déséquilibres dans lesquels nous sommes, fatalement aujourd’hui, ils dénoncent une partie des raisons des déséquilibres écologiques.

Pourquoi teniez-vous à être présente au festival Climax?
D’abord parce que la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) en est co-organisateur, donc en tant que présidente, il me semblait tout à fait normal d’être là. Ensuite parce que j’apprends, aux côtés des spécialistes et des experts qui étaient invités. Et enfin parce que j’ai accompagné, en tant que présidente de la FNH, des membres du conseil scientifique de la FNH qui intervenaient dans différentes tables rondes. Et je suis là aussi pour porter la parole de la Fondation.

Est-ce que cette parole est plus efficace au sein d’un festival que dans un meeting ou une manifestation plus classique?
Tout est bon à prendre. Je ne sais pas ce qui est plus efficace ou moins efficace. Est-ce que c’est plus efficace qu’une pétition ? Est-ce que c’est plus efficace qu’un discours? Est-ce que c’est plus efficace qu’une tribune dans le quotidien Le Monde ? Tout est bon à prendre dans ces combats-là. Toutes les expressions articulées, pensées, argumentées, sont importantes, quel que soit l’endroit où les prises de paroles ont lieu.

Il y a un an vous commenciez l’animation du magazine Pop Up, magazine culturel, aujourd’hui vous êtes présidente de la FNH. Avez-vous choisi l’écologie par rapport à la culture?
Non, parce qu’encore une fois, l’écologie au sens large, c’est une vision de la société, c’est une transformation de la société pour un monde plus respectueux de l’environnement, plus partageur, plus équitable. Et ça comprend les domaines de la culture. Je vais toujours autant au théâtre, au cinéma, je lis toujours autant, la culture a toujours une place très importante dans ma vie.

On connait vos engagements féministes, à votre avis pourquoi la Fondation pour la Nature et l’Homme ne s’appelle pas la Fondation pour la Nature et pour les Humains ?
Parce que c’est le nom de la fondation depuis le début, elle s’appelait Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. Ceci est inscrit dans les statuts de la Fondation, depuis 27 ans. Si on n’avait dû changer le nom, il aurait fallu changer les statuts et ça aurait été quelque chose d’assez fastidieux. On a gardé ce nom là, ça nous permettait aussi de ne pas dépenser un argent fou pour changer le logo, la communication etc… et donc de faire des économies avec l’argent de nos donateurs. Mais ça n’enlève rien à mes convictions féministes.

En quoi votre engagement à la FNH peut être lié à votre engagement anti raciste de toujours ?
Parce que la FNH a une vision transversale de ces questions, et quand je dis que, quand on pense lutter contre le réchauffement climatiques, il faut d’abord passer par des questions sociales de lutte contre la précarité et de lutte contre les inégalités, toutes les inégalités, ça comprend les discriminations, ça comprend le racisme. Ce sont des sujets sur lesquels la Fondation travaille, a des choses à dire, et va les dire encore plus fort.

A votre avis, pourquoi politiquement l’écologie est cataloguée à gauche?
Peut-être parce que l’écologie c’est une forme d’humanisme et que l’humanisme est plutôt considérée comme une valeur de gauche. Mais dans humanisme, il y a humains, et les humains de droite comme de gauche peuvent participer au débat.

visuel : SD

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