Politique culturelle

Alexander Neef nommé directeur préfigurateur de l’Opéra national de Paris

Alexander Neef nommé directeur préfigurateur de l’Opéra national de Paris

24 juillet 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Fin de deux ans de suspens, c’est donc le directeur général de la Canadian Opera Company qui prendra dans deux ans la direction de l’Opéra de Paris

En effet, Stéphane Lissner quittera ses fonctions à l’été 2021. Le nouveau directeur va pendant ce laps de temps préparer l’avenir.

Le communiqué du Ministère de la culture précise : « Alexander Neef devra faire rayonner l’Opéra national de Paris à l’international en s’appuyant sur toutes les forces et les potentiels de l’établissement. Il développera un projet lyrique ambitieux, qui accordera une place importante au répertoire français, et conjuguera le maintien d’un haut niveau artistique avec les enjeux de la démocratisation, de la recherche de nouveaux publics et du développement de l’éducation artistique. Il développera une offre culturelle et artistique novatrice pour la Salle Modulable de l’Opéra Bastille. »

L’allemand de 45 ans connait déjà l’institution puisqu’il y a passé quatre ans, de 2004 à 2008, comme directeur de casting sous le mandat du regretté Gérard Mortier. C’est donc la fin d’un suspens devenu pitoyable. Le processus s’éternisait depuis deux ans au prix d’incertitudes grandissantes sur les futures saisons de l’institution. Finalement, un comité de sélection ad hoc avait été constitué en janvier 2019. Celui-ci avait pré-sélectionné en mars quatre candidats, une short-list dont faisait partie Alexander Neef. Il aura donc encore fallu quatre mois pour que la fumée blanche s’échappe de la cheminée élyséenne.

On retiendra tout de même que si le processus s’est (légèrement) amélioré, ce feuilleton, alimenté par des rumeurs successives, a mis en lumières des dysfonctionnements flagrants pour les nominations des grandes institutions culturelles. Cela n’a pas non plus été très respectueux vis à vis des onze candidats dont certains avaient beaucoup à perdre à afficher qu’il souhaitait quitter la maison pour laquelle ils travaillent pour venir à Paris. D’ailleurs, certains n’ont pas attendu que le couperet tombe pour faire d’autres choix, tel Christina Scheppelmann (la seule femme candidate au poste) nommée en mars à l’Opéra de Seattle et Dominique Meyer qui dirigera la Scala de Milan.

Le quadragénaire a bien des défis devant lui. Il devrait déjà continuer à faire évoluer l’institution, notamment en l’ouvrant plus aux jeunes, une tendance déjà affichée par Stéphane Lissner qui avait mis en place des représentations réservées aux moins de quarante ans et des avant-premières jeune.

Côté programmation, le nouveau directeur a, d’ores et déjà, annoncé son souhait d’explorer le répertoire français. Reverra-t-on à Paris les œuvres qui furent créées au XIXe siècle dans la grande maison, par Spontini, Meyerbeer, Auber, Gounod, Halévy, Donizetti, Rossini… ?

à côté de ce répertoire historique, il pourrait, comme il le fit à Toronto, en 2015, avec Pyramus and Thibe de Barbara Monk Feldman et en 2018, avec Hadrian de Rufus Wainwright (avec Thomas Hampson et Karita Mattila), donner sa chance à un répertoire contemporain plus anglo-saxon.

Stéphane Lisner avait un carnet d’adresses impressionnant de chanteurs. On verra si Neef (qui invita, à Toronto Clémentaine Margaine, Christine Goerke, Stefan Vinke, Luca Pisaroni et bien évidemment la canadienne, Sondra Radvanovsky) arrivera à garder un standard aussi élevé.

Il devrait pouvoir bénéficier rapidement de la troisième salle en construction. En interne, il aura enfin à gérer des dossiers difficiles, notamment dans le domaine social, avec la question explosive du régime des retraites des personnels de la maison.

Enfin pour mettre totalement la maison en état de marche, il reste encore à trouver le successeur de Philippe Jordan au poste de directeur musical.

Les réactions ont été chaleureuses sur Twitter. Par exemple, son actuelle maison n’a pas boudé sa joie à l’annonce officielle :

Visuel : ©cc

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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